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Interview
Sophie des Mazery, directrice de Finansol

Un million d’épargnants solidaires aujourd’hui !

De plus en plus de français choisissent de donner une dimension sociale ou environnementale à leur épargne. A l’occasion de la semaine de la Finance solidaire, du 3 au 10 novembre 2016, nous avons souhaité donner la parole à Sophie des Mazery, directrice de l’association Finansol, qui œuvre pour la promotion de ce type d’épargne.

Que représente la finance solidaire en France aujourd’hui ?

L’épargne solidaire représente 8,46 milliards d’euros en France, à fin 2015, répartis sur des outils de placements très variés. Cette épargne a permis le financement de projets à hauteur de 1,5 milliards d’euros en 2015 (certains produits étant mixtes et pas uniquement à destination des entreprises d’utilité sociale).

On constate une évolution très dynamique de la tendance, avec une épargne solidaire qui connaît une croissance de 20 à 30% de l’encours chaque année. Au début des années 2000, on comptait quelques dizaines de milliers d’épargnants solidaires, ils sont désormais un million.

Cette évolution repose sur plusieurs mécanismes : législatif, déjà, avec l’obligation depuis la fin des années 2000 pour les entreprises qui distribuent de l’épargne salariale de proposer un fond solidaire pour l’épargne de retraite (Perco) ou le Plan d’épargne entreprise (PEE). L’impact a été énorme sur la visibilité de l’épargne solidaire, qui représente un peu plus de 7% de l’épargne salariale globale. Par ailleurs, la crise financière de 2008/2009 a ouvert les yeux à un certain nombre d’épargnants sur l’utilisation de leur argent. Enfin, les établissements financiers ont diversifié leur offre en la matière.

Comment peut-on devenir épargnant solidaire ?

Il existe différents types d’épargne solidaire. Tout d’abord, à travers sa banque, via un livret dont une partie des revenus va être reversée à une association, via des OPC (organismes de placement collectif) solidaires, des comptes à terme ou encore des assurances vie. On peut également passer par l’épargne salariale, qui représente 60% de l’encours de l’épargne solidaire. Troisièmement, on peut devenir actionnaire d’une entreprise solidaire. Dans ce cas, 100% de la somme investie va soutenir la structure.

Enfin, de nouveaux canaux ont vu le jour, comme le crowdfunding. Certaines plates-formes proposent du financement en dette ou en fonds propres ou encore des prêts à des entreprises d’utilité sociale. L’épargne solidaire concerne donc à la fois des acteurs bien implantés et des nouveaux canaux. Chacun peut donc trouver ce qui lui convient, en fonction de sa stratégie : un produit très liquide par exemple, ou un autre avec une prise de risque plus élevée.

Qui peut bénéficier de l’épargne solidaire ?

Il faut que la structure soit agréée ESUS et son activité doit donc être principalement consacrée à l’utilité sociale, avec la lutte contre les exclusions, par exemple, ou pour un développement durable et citoyen. 22% des financements ont été attribués à des associations, 18% à des coopératives et 55% à des entreprises commerciales. Et à des degrés de maturité différents : une petite moitié dans la phase d’amorçage, avant 3 ans, un quart pour des structures de plus de dix ans.

Le mieux sera de s’adresser à un financeur solidaire, suivant son besoin : prêt, fonds propres ou garantie. Par exemple le réseau France Active ou encore les sociétés de capital-risque solidaire. On recense une grande diversité d’acteurs qui couvrent tous les besoins des structures.

Outre les taux, la finance solidaire offre des conditions solidaires. Par exemple, il n’y aura pas de garanties personnelles demandées pour un prêt.

L’épargne solidaire finance par exemple des entreprises de logement très social qui permettent à des personnes en grande difficulté de trouver un logement décent et d’être accompagnées dans une démarche d’insertion globale. On constate aussi une montée en puissance de l’investissement dans des projets écologiques : énergies renouvelables, agriculture biologique, etc.

Fin 2015, 31 000 emplois ont été créés ou consolidés grâce à la finance solidaire, dont un quart via des emplois d’insertion.

> En savoir plus sur la semaine de la finance solidaire 2016

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