Vous êtes ici

Témoignages

Des conseils pour organiser un événement de sensibilisation à l'ESS

Dernière mise à jour : le 30 Juin 2017
D’un atelier à une semaine dédiée, les initiatives locales pour sensibiliser à l’ESS sont nombreuses. Voici quelques conseils et bonnes pratiques recensés auprès de personnes qui ont organisé des événements à destination de jeunes et d’étudiants.

Utiliser les outils déjà existants

De nombreux supports pédagogiques, trames de formation ou d’organisation d’événements existent : pas la peine de tout réinventer ou de partir de zéro !

Par exemple, dans les universités de Nanterre et de Marne-la-Vallée, deux groupes CoopCampus (cafétéria coopérative dirigée par des étudiants, présentes dans toute la France) se sont appuyés sur les outils mis à disposition par Solidarité Etudiante pour organiser des activités dans le cadre de la semaine étudiante de l’ESS.

Pour Sock Ying Chan, bénévole à CoopCampus Nanterre, "Les outils de Solidarité Etudiante sont un vrai gain de temps, il y a des supports de communication déjà prêts ou des trames de documents pour réserver une salle". A Marne-la-Vallée, le groupe d’étudiants chargé de l’organisation d’une journée ESS confirme : "Solidarité Etudiante nous a réellement aidés pour cette journée, aussi bien au niveau de la logistique que de la communication. Pour les affiches et les flyers, il ne restait qu’à adapter le contenu." Pratique !

Concernant le contenu de l’événement, pas de panique. Il existe de nombreux jeux et ateliers participatifs, comme l’explique Laure Gardarin, de l’association LieU’topie. "Dans le cadre de la quinzaine étudiante de l’ESS à Clermont, nous avons organisé une soirée jeu avec le Traité ZZ", un jeu solidaire créé par le CRIDEV à Rennes qui permet de débattre autour de la construction d’une société plus sociale. A Nanterre, CoopCampus a choisi d’utiliser le jeu des Solutions du programme Success ! (L’Atelier, CRESS Île-de-France, Concordia) lors d’une journée Forum de l’ESS. 

> A lire : les trois articles-outils pour parler d'ESS aux jeunes : Faire découvrir et inciter à s'engager - Présenter les opportunités d'emploi - Encourager l'entrepreneuriat

Travailler avec les acteurs du territoire

Pour sensibiliser aux opportunités de l’ESS, les professionneles de la jeunesse sont unanimes : il est plus facile de ne pas partir tout seul. Des acteurs nationaux et locaux peuvent se mobiliser pour accompagner à l’organisation d’événements et conseiller des outils d’animation.

Par exemple, pour organiser une semaine Rencontre Emploi Jeun’ESS, la Mission Locale de Grenoble s’est associée à plusieurs acteurs : l’Avise, l’UDES, la CRESS Rhône-Alpes et Alpes Solidaires. Pour David Fauconet, directeur adjoint de la Mission Locale de Grenoble "C’est important de se saisir des opportunités et de travailler en partenariat".

De la même façon, LieU’topie a mobilisé des réseaux nationaux comme Animafac mais aussi des associations plus locales comme le CREDIS Auvergne.

Depuis 2015, pour le mois de l'ESS, la CRESS Centre-Val-de-Loire appuie l'université d'Orléans dans l'organisation de trois événements : une journée "Défi ESS", une exposition ainsi qu'une conférence "Travailler dans l'ESS". Isabelle Gébus, chargée d'orientation et d'insertion professionnelle au Service universitaire d'information et d'orientation, a eu besoin de s'appuyer sur des réseaux pour organiser ces actions : "Tout seul on a envie d'en faire plus mais notre force est limitée". L'enjeu pour la prochaine édition sera d'élargir ces partenariats en "associant les associations étudiantes présentes à Orléans"

Sock-Ying Chan, à Nanterre affirme qu'il est indispensable de "ne pas partir tout seul et de se rapprocher d’autres acteurs pour rejoindre le mouvement car de nombreux outils et événements existent déjà". En plus, "ne pas être tout seul motive et donne envie d’en faire davantage !"

C’est important de se saisir des opportunités et de travailler en partenariat
David Fauconnet, directeur adjoint de la Mission Locale de Grenoble

> A lire : le panorama des acteurs nationaux de la sensibilisation à l'ESS

Illustrer par des actions concrètes

Pour donner envie de s’impliquer, rien de tel que de montrer des actions concrètes au public : rencontres, visites, ateliers… Les possibilités sont multiples.

Julie Ressot, conseillère au CIDJ à Paris, organise une fois par mois des ateliers de découverte. La matinée est consacrée à une présentation du secteur. "Personnellement, j’appuie mon discours en lisant des enquêtes, des études, notamment celles des CRESS, et en allant sur l’Auberge de la Solidarité." L’après-midi, le groupe visite des structures telles que Farinez-Vous ou Andines. "Je trouve important, quand on s’adresse à des jeunes, de parler d’ESS par conviction, parce que c’est un secteur vivant et passionnant. C’est également essentiel de détailler son propos en illustrant avec des exemples très concrets. Il ne faut pas inviter à la naïveté et montrer des initiatives réelles."

Les deux CoopCampus veulent elles aussi créer des rencontres entre structures de l’ESS et jeunes de leurs universités. A Nanterre, le deuxième jour du Forum de l’ESS était consacré à la thématique du troc à travers différentes initiatives telles que l’AMAP du campus, la ressourcerie de Nanterre ou le système d’échange local luniverCel. Pour faire participer les étudiants, le groupe de Marne-la-Vallée a opté pour une Disco Soupe, un repas convivial cuisiné à partir de fruits et légumes abimés.

Ces différentes initiatives ont pu aider certains jeunes à mieux comprendre l’ESS, s’investir dans un projet et même parfois à se réorienter. Selon les organisateurs, les différents publics ont trouvé un intérêt aux événements et certaines vocations sont nées. Au CIDJ, Julie Ressot reçoit certains jeunes en entretien individuel à la suite des ateliers collectifs : "Dans les retours que j’ai eus, beaucoup entrent en formation, par exemple pour s’orienter vers l’Insertion par l’activité économique (IAE) ou le social. D’autres s’orientent vers des Services Civiques." Des choix qu’ils n’auraient pas su faire sans l’intervention de Julie.  

C’est essentiel de détailler son propos en illustrant avec des exemples très concrets. Il ne faut pas inviter à la naïveté et montrer des initiatives réelles.
Julie Ressot, conseillère au CIDJ à Paris