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FAQ

Les idées reçues sur l’emploi dans l’ESS

Dernière mise à jour : le 30 Juin 2017
Y a-t-il un patron dans les entreprises de l'ESS ? Les contrats sont-ils plus précaires ? Est-ce qu'il faut un bac+5 pour travailler dans l'ESS ? Voici des réponses face à quelques interrogations des jeunes, recueillies lors d'événements sur l'emploi dans l'ESS.

"Dans les entreprises de l’ESS, la gouvernance est démocratique : cela veut dire qu’il n’y a pas de chef et que tout le monde décide."

Faux, la gouvernance démocratique dans l’ESS signifie que les parties prenantes sont consultées et que l’on prend en compte leur avis. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de hiérarchie. Il y a des directeurs et/ou des chefs de service qui assurent le bon fonctionnement de la structure.

La gouvernance démocratique est organisée et prend différentes formes en fonction du statut juridique de l’entreprise.

Exemples :

  • Dans une association, les adhérents se réunissent en assemblée générale et élisent le conseil d’administration, qui ensuite prendra toutes les décisions importantes. Ce conseil d’administration, dont les membres sont bénévoles, peut choisir d’embaucher un directeur salarié qui pilotera la structure au quotidien.
  • Dans une SCOP, les salariés possèdent une part de l’entreprise, ils sont associés. Par conséquent, ils sont impliqués dans les décisions stratégiques de l’entreprise, ce qui n’empêche pas qu’il y ait un dirigeant qui pilote la structure au quotidien.

La démocratie au sein de beaucoup de structures de l’ESS passe aussi par l’application du principe "Une personne = une voix" ; à la différence des sociétés classiques dans lesquelles plus on détient des parts de capital, plus on a de droits de vote.

A lire sur Say Yess, Ces salariés qui reprennent leur industrie en SCOP

"Les contrats sont plus précaires dans l’ESS"

La réalité est plus nuancée : selon une étude de CIDES-CHORUM en 2011, certains secteurs de l’ESS sont de très forts pourvoyeurs de CDI (entre 89 et 90% de CDI dans la mutualité, le secteur sanitaire et le social et médico-social), tandis que d’autres, plus soumis à la saisonnalité, le sont moins que la moyenne (animation, centres  sociaux, sport, etc.).

Par ailleurs, les structures de l’ESS concentrent une part importante d’emplois aidés, c’est-à-dire des contrats accessibles prioritairement à des publics éloignés de l’emploi (jeunes peu qualifiés, chômeurs de longue durée, personnes résidant dans des quartiers prioritaires, etc.) et pour lesquels les employeurs reçoivent des aides de l’Etat. S’il peut parfois y avoir des dérives, la plupart des structures y voient surtout une manière de favoriser  l’insertion professionnelle et de se mettre en accord avec leurs principes d’action.

Enfin, certaines structures, notamment les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE), emploient des personnes très éloignées de l’emploi : les contrats de ces structures sont réalisés dans le contexte d’un parcours d’insertion et un accompagnement professionnel les appuie. 

"On est moins payé dans l’ESS que dans le reste du secteur privé."

C’est souvent vrai, mais les écarts de salaire entre le privé hors ESS et l’ESS ne sont pas significatifs à l’entrée dans le marché du travail. Selon l’Observatoire national de l’ESS, porté par le CNCRES, le salaire mensuel brut moyen des jeunes de moins de 30 ans est de 1 805 € dans l’ESS, contre 1 983€ dans le privé hors ESS et 1 858€ dans le public. Ils se creusent ensuite, notamment parce que les structures de l’ESS veillent à limiter l’écart entre les salaires.

C’est cohérent avec le fait que la finalité sociale prime sur la finalité économique. Il est vrai qu'en travaillant dans l’ESS, on recherche souvent autre chose que la dimension financière et les salariés sont prêts à faire des concessions sur leur rémunération : selon une étude Avise-Cesod de 2014 interrogeant les jeunes sur leurs attentes vis-à-vis de l’emploi, ceux-ci considèrent comme nettement prioritaire le critère "faire quelque chose d’utile pour la société" par rapport à "avoir un bon salaire". Par ailleurs, les différences de salaires hommes/femmes sont moins marquées dans l’ESS.

A lire sur Say Yess, Mal payé dans l'ESS ?

"Il n’y a pas de perspectives d’évolution dans les structures."

Tout dépend de la taille de la structure et de son fonctionnement. Comme partout ailleurs, il est possible d’évoluer dans les structures de l’ESS. Souvent, elles ont même tendance à confier plus de responsabilités à leurs salariés, dans leur souci d’associer les parties prenantes aux décisions de l’entreprise. Comme il s’agit majoritairement de TPE, les structures de l’ESS n’offrent toutefois pas d’opportunités infinies d’évolution. Cependant, les évolutions d’une structure vers une autre sont possibles au sein de l’ESS, mais aussi d’une structure hors ESS à ESS et vice versa.

A lire sur Say Yess, Salarié dans l’ESS, je décide de l’orientation de ma structure

"Les jeunes sont plus satisfaits de leur emploi quand ils travaillent dans l’ESS."

Oui, les salariés de l’ESS sont plus satisfaits de leur travail que la moyenne nationale. Selon une étude sur la perception des jeunes sur l’emploi dans l’économie sociale et solidaire (Avise-CESOD, 2014), 85,1 % des jeunes travaillant dans l’ESS se disent satisfaits de leur emploi et ces derniers le sont davantage que les salariés du secteur public ou privé marchand pour qui la moyenne de satisfaction est de 73,2 %. Seuls 6,3 % disent vouloir quitter leur structure actuelle et le secteur de l’ESS.

A lire sur Say Yess, Salarié dans l’associatif, l’engagement rémunéré

"Je n’ai pas de diplôme, je ne peux pas travailler dans l’ESS."

Faux, l’ESS est riche d’opportunités professionnelles pour les jeunes peu ou pas qualifiés, puisque le CREDOC recense plus de 110 000 embauches potentielles par an à destination de ce public. Tous les métiers, tous les profils et tous les secteurs sont représentés dans l’ESS.

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"J’entends que l’ESS recrute, pourtant je ne trouve pas d’emploi en tant que chargé-e de mission ESS."

Il est important de distinguer :

  • Les métiers à dimension sociale et solidaire qui sont le plus souvent exercés dans des structures de l’ESS (assistant social, aide à domicile, éducateur, etc.) ;
  • Les métiers qui permettent le fonctionnement des structures de l’ESS (contrôleur de gestion, secrétaire, etc.) et les métiers plus généralistes à profil cadre (chef de projets, chargé de formation, responsable du développement, etc.) ;
  • Les métiers spécifiques pour développer l’ESS et ses structures, qui ne représentent qu’un tout petit pourcentage de la totalité des postes.

Ce dernier type de missions se développe mais il y a peu de recrutements car il y a peu de structures et souvent avec des effectifs réduits. Les profils recherchés  sont souvent des profils type "chargé de mission" ou "chargé de projet" de niveau bac +4/5, spécialistes de l’ESS. Il ne faut pas hésiter à faire des candidatures spontanées dans les structures qui intéressent.

Il est donc important de bien questionner son projet professionnel avant de se lancer dans la recherche : est-ce que l’on souhaite mettre ses compétences au service d’une structure de l’ESS ou bien travailler pour le développement et la structuration de l’ESS en France ?

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