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Cartographie

Les principales méthodes d’évaluation

Dernière mise à jour : le 24 Novembre 2016
Il existe de nombreux outils et méthodologies pour évaluer l’impact social. Le choix d’une méthode se fait notamment en fonction des objectifs, des moyens et de la question évaluative. Chaque démarche nécessitera des adaptations. Avoir cadré sa démarche au préalable est incontournable pour choisir et construire sa méthode.

Les principales méthodes 

Les principales méthodes sont ici positionnées par rapport à deux dimensions : l’ouverture sur l’interne ou l’externe, et la prise en compte de la plus ou moins grande agrégation des critères. 

Cartographie des méthodes d'évaluation de l'impact social
Cartographie des méthodes d'évaluation de l'impact social

Choisir une ou des méthodes adaptées

Pour choisir une méthode il est notamment pertinent de partir de l’objectif visé : à quelle(s) question(s) la démarche cherche-t-elle à répondre ? À partir de cette interrogation, voici une sélection d’enjeux et d'exemples de méthodes.

La démarche d’évaluation cherche à répondre à la question :

  • Quels changements pour les parties prenantes ?

Il existe des méthodes pour identifier les parties prenantes et les effets potentiels et réels d’un projet sur chacune d’entre elles. On cherche ici à identifier ce que chaque partie prenante en retire et y apporte. Ce sont des méthodes plutôt qualitatives, qui permettent de recueillir les points de vue et témoignages des parties prenantes.
Exemple : l’ouvrage publié par l’Avise Evaluer l’utilité sociale de son activité  explique comment mettre en place d’une démarche partagée avec les parties prenantes (groupe de discussion notamment).

  • Comment piloter une action par l’impact qu’elle génère ?

On cherche ici à déterminer et à suivre des indicateurs internes qui permettent de suivre l’impact d’une action, de la piloter et de communiquer autour de cette action. Il s'agit de méthodes à visée plus opérationnelle.
Exemple : la méthode de l’Outcomes Star™ (étoile de progression) permet de suivre les changements vécus par les bénéficiaires de programmes sociaux.

  • Comment l’action se positionne-t-elle par rapport à d’autres ?

L’idée est de se positionner par rapport à un référentiel. L’action peut-elle se comparer à d’autres (référence commune, norme) ? Si oui, cela lui apporte de la légitimité et de la reconnaissance. À noter, aujourd’hui, que cette méthode est encore peu adaptée aux actions à impact social.
Exemple : il existe des bases d’indicateurs sectoriels, comme Iris (Impact reporting and investments standards), qui fournit des standards et normes de reporting destinés à mesurer la performance d’investissements à impact social ou environnemental.

  • Dans le changement constaté, qu’est-ce qui est réellement attribuable à l’action ?

Il s’agit ici de démontrer la relation de cause à effet : que se serait-il passé sans l’action ? Parmi les effets constatés, lesquels sont réellement attribuables à l’action (et non pas à d’autres variables externes)?
Exemple : la randomisation, une technique d’échantillonnage, consiste à isoler un groupe test qui bénéficie de l’action et un groupe témoin qui n’en bénéficie pas, puis à comparer les deux groupes.

  • Que rapporte l’action à la société au regard de ce qu’elle coûte ?

On cherche ici à estimer la valeur générée en euros : quelle est la valeur créée par l’action ? En d’autres termes, on « monétarise » l’impact. On s’intéresse au rapport entre le coût de l’action et le bénéfice généré. On peut alors évaluer les coûts « évités » par l’action.
Exemple : la méthode des coûts publics évités repose sur des ratios comparant ce qu’investissent les pouvoirs publics dans les entreprises sociales (subventions, avantages fiscaux) et ce qu’ils en retirent en prestations sociales économisées et impôts générés. Des études de McKinsey et d'Ashoka se concentrent sur ces ratios.

  • Il est possible également de s’engager dans une démarche globale

Des méthodes proposent un cadre pour guider la démarche d’évaluation. Elles se composent de principes, d’étapes à suivre et de recommandations. Plus ou moins exhaustives, elles laissent une certaine souplesse.
Exemples : le SROI (Social Return on Investment) se compose de principes (implication des parties prenantes, transparence, etc.) et d’étapes (choisir les indicateurs, démontrer la causalité, calculer un ratio via la monétarisation) permettant de guider la démarche d’évaluation. Ou encore le guide Evaluer l’utilité sociale de son activité  (Avise, 2007) propose des étapes clés pour construire une démarche d’auto-évaluation adaptée à son contexte et à ses objectifs.

Sources : 
Petit précis de l’évaluation de l’impact social, Avise, Essec, Mouves, 2013.
Guide de la mesure d’impact social, Improve, Fondation Rexel, 2015.