07.10.2008
Nantes : les Ecossolies font vibrer le territoire
Donner un visage à l’économie sociale
« Les Ecossolies sont nées de la volonté de Nantes Métropole d’appuyer le développement de l’économie sociale et solidaire », explique Andrée Terrien, ancienne présidente de l’association et administratrice. Un diagnostic territorial réalisé en 2001 montre en effet que malgré une implantation historique et dynamique de l’économie sociale sur le territoire, ses acteurs locaux ne se connaissaient pas entre eux et ne se revendiquent pas de ce secteur. « Il fallait donc promouvoir l’économie sociale auprès du grand public, mais aussi de ses acteurs et cette promotion devait se faire avec eux », raconte Andrée Terrien.
L’acte fondateur des Ecossolies remonte à 2002 avec l’organisation d’une Semaine de l’économie sociale qui rassemble autour de Nantes Métropole, les grands réseaux du secteur : la Cres, l’Urscop, la FAL, les Boutiques de gestion, l’Urei, etc. « Si la décision revenait aux réseaux, la métropole prenait en charge l’opérationnel, ce qui apportait une légitimité forte à l’événement, disait bien l’ouverture de la collectivité à l’économie sociale et valorisait les réseaux ».
La manifestation est un succès : 300 structures, plus de 1000 participants. Un collectif informel Inter-réseau est créé « pour ne pas s’institutionnaliser ». En 2003-2004, dix journées d’études et de mobilisation autour de l’économie sociale, co-construites par l’Inter-réseau, attirent plus de 700 participants. Un travail sur la communication est lancé « pour donner [littéralement] un visage à l’économie sociale et solidaire » : des portraits d’acteurs apparaissent sur tous les supports de communication.
« On fait en grand ou on ne fait pas »
En 2005, le projet d’un événement grand public présentant les acteurs et les activités prend forme. « Nous ne voulions pas d’une kermesse, nous voulions casser l’image d’amateurisme qui colle à l’économie sociale ». L’association Ecossolies est donc créée « parce qu’il est apparu difficile d’organiser un événement d’envergure avec une structure informelle ».
Le CA compte 35 postes où siègent tous les grands acteurs du secteur, 200 structures y adhèrent « instituées ou émergentes, professionnalisées ou bénévoles, avec une forte dimension économique ou non, représentant toutes les filières ». « Il n’était pas question de se substituer à la Cres, mais bien d’organiser un grand événement autour de l’économie sociale ».
La première édition des Ecossolies a lieu en 2006 : 850 000 euros de budget (dont la moitié provient de la métropole), 3 000 participants.
Mais comment poursuivre l’aventure ?
« Globalement, la dynamique reste forte, les réseaux ont été valorisés par l’événement, l’économie sociale est devenue grand public. Mais il est difficile de remobiliser 600 structures tous les ans, de susciter le même engagement », reconnaît Andrée Terrien. Les discussions au sein de l’association aboutissent à la création du Pôle d’innovation et de co-développement de l’économie sociale et solidaire en 2008 autour d’activités phares : rencontres départementales et régionales autour de l’entrepreneuriat social, journées d’étude et de mobilisation, portées par des collectifs d’acteurs locaux, prémisses d’une université coopérative, etc.
L’association apportera d’ailleurs sa contribution à Lux’ 2009, 4e Rencontre internationale de la globalisation de la solidarité, organisé par l’Institut européen de l’économie solidaire.
Prochaine étape : le passage en Scic pour renforcer le co-développement et l’ancrage territorial, la création d’une pépinière d’activités de l’ESS, etc.







En savoir plus