24.04.2009
Artis : pôle d’activités grenoblois pour l’ESS
Du bois aux réseaux
Offrir des conditions de travail et de sécurité décentes aux SIAE de la Métro, travailler à une offre immobilière adaptée aux opérateurs de l’ESS dans le cadre du plan local de développement, impulser une dynamique collective autour de la mutualisation de projets et de moyens, et s’atteler à une problématique plus large : la requalification des friches industrielles, qui plus est, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Le projet Artis, que soutient la communauté d’agglomérations de Grenoble, répond à ces objectifs et plus encore. Car comme le remarque Yannick Vigignol, chargé de mission à l’économie sociale et solidaire à La Métro, « une action immobilière menée dans le champ de l’ESS génère bien plus que de la surface locative ».
En 2003, l’agglomération fait donc l’achat du site à Fontaine. « Dès le départ, nous avons refusé d’ostraciser les structures de l’ESS et fait le choix de la mixité économique avec l’installation de SIAE et d’artisans », rappelle Yannick Vigignol. Les activités y sont donc variées : communication (web, édition, graphisme…), déménagement, éco-isolation, travail du bois, consommation responsable, solidarité internationale, etc.
La réalisation et l’exploitation du site sont confiées à une SEM Grenoble-Habitat. « Les SIAE aujourd’hui installées ont été identifiées lors d’une enquête de 2003 sur le besoin de locaux dans ce secteur ». Pour les autres structures de l’ESS, la commercialisation des locaux s’est faite parallèlement au plan de développement de l’ESS. « Une logique de réseau était alors impulsée autour du site www.alpesolidaires.org, qui a permis à un collectif de structures intéressées de se rapprocher de la Métro ». Un comité d’agrément est formé autour de la Métro, la SEM, la ville de Fontaine et l’association des locataires, La Baie, pour sélectionner les futurs locataires sur des critères qui combinent viabilité économique, utilité sociale et environnementale, et volonté de participer à une dynamique collective.
Dynamique collective
Si, dans un premier temps (celui du remplissage des locaux), le comité se montrait moins regardant sur ce dernier critère, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette notion recoupe la vie du site, « au jour le jour, en bonne intelligence collective » (installation, sécurité, consommation d’énergie, collecte des déchets, etc.) en en responsabilisant les occupants. Elle recouvre aussi la mutualisation des moyens, qui va du partage de la photocopieuse à des espaces mutualisés (réunion, restauration), de la connexion à des réseaux Internet et téléphonie (très haut débit à très bas coût) à des outils collectifs (agendas partagés pour la gestion des espaces mutualisés, etc.). Mais elle sous-tend surtout la mutualisation des projets : « Nous n’en sommes qu’au démarrage. Certaines structures se sont bien associées, mais plus dans un esprit de sous-traitance. On pourrait imaginer qu’un salarié en insertion sur le site trouve un poste dans une des entreprises hébergées, par exemple ». Certaines travaillent sur les mêmes secteurs d’activité (la filière bois notamment), ce qui pourrait faciliter des synergies.
Un peu « considéré comme un OVNI au départ », le projet est finalement bien accueilli, car en logeant des structures de l’ESS, la Métro appuie des opérateurs partenaires des politiques publiques et/ou des structures très ancrées localement qui y créent des emplois ou prennent en charge des services d’intérêt général. Et Yannick Vigignol de conclure : « La clé d’entrée par l’immobilier permet de dépasser les difficultés à soutenir les entreprises, de l’ESS en particulier. Et c’est une manière concrète pour les collectivités de s’afficher sur les valeurs de l’ESS ». Fort de cette première opération, l’actuel vice-président à l’économie sociale et solidaire et à l’insertion, Morad Bachir Cherif, souhaite étudier l’opportunité de réaliser une seconde opération immobilière de ce type.







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