09.07.2009
Suède : forgerons de l’économie sociale et solidaire

C’est dans une forge qu’on fait les meilleurs alliages entre différents métaux ; c’est donc dans une forge, “Smedjan” en suédois, que politiques et entrepreneurs sociaux de Suède se sont rassemblés pour élaborer et diffuser des outils permettant d’agir au niveau local en faveur de l’économie sociale et solidaire.
Un engagement actif
Un groupe de travail né du partenariat entre la Knowledge foundation (très engagée en faveur de l’économie sociale et solidaire) et de l’Association suédoise des collectivités locales et des régions (SKL).
« Au tout début, nous sommes allés voir les élus locaux, leur demander ce qu’ils pensaient de l’économie sociale et ce qu’ils pouvaient faire pour la soutenir », rappelle Lena Lundström, responsable du programme Smedjan pour la SLK. « Ils n’avaient pas de réponses tranchées mais une certitude : ils voulaient s’engager ». Fin 2008, dix élus, deux chercheurs, trois entrepreneurs sociaux et des représentants de SLK et Knowledge Foundation donnent vie au noyau de “Smedjan”. Mais pas question de s’attarder pendant des mois dans des réunions fumeuses. « Notre cellule est un “do and think”-tank : on réfléchit, mais pour l’action ! », souligne Lena Lundström.
En groupe ou individuellement, les membres de “Smedjan” ont donc avancé des projets, aussitôt passés au crible par la cellule.
Quatre d’entre eux ont été retenus et vont bénéficier d’un cofinancement : un guichet unique pour le microcrédit professionnel, un programme de formation et sensibilisation à l’économie sociale et solidaire à destination des élèves de terminale, une plateforme de développement et de coordination de l’économie sociale et solidaire et… une forge, une vraie, d’insertion.
Coût de ce premier lot : 450.000 couronnes suédoises (22.500 €). Soit la moitié du budget mis sur la table par la SLK et la Knowledge Foundation, afin de financer les expérimentations. Un budget auquel s’ajoutent les 50.000 € de frais de fonctionnement de la cellule.
Pour la duplication des bonnes pratiques
Au final, une dizaine de projets devraient être cofinancés en collaboration avec les collectivités concernées. Parmi eux, le groupe de travail espère identifier de bonnes pratiques à reproduire sur d’autres territoires.
« Dans notre région, on compte nombre de grandes entreprises bien connues.
Le temps est venu de soutenir ceux qui veulent développer des activités dans l’économie sociale »
explique Kent Johansson, conseiller régional du Västra Götalandsreg et membre de “Smedjan”. Ne risquent-ils pas d’y voir une manœuvre de récupération politique ?
L’élu ne le pense pas : « Avant de passer à la politique, j’ai grandi dans l’associatif et le coopérativisme suédois. Je connais bien l’importance de l’échange et de la coopération ».
Economie et politique font parfois bon aloi.
Cet article est tiré de www.essenregion.org







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