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26.11.2009

Isactys, développement territorial, revitalisation rurale, utilité sociale

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Installée depuis 1986 dans la Vallée du Guiers, à cheval entre l’Isère, l’Ain et la Savoie, Isactys, un « groupe d’économie sociale et solidaire » regroupe différentes structures d’insertion par l’activité économique. Depuis 2007, Isactys, sollicité par la communauté de communes, coordonne la Maison emploi et services, véritable émanation d’une dynamique territoriale autour de l’emploi et du développement économique.

© Isactys

Nouvel élan

Créée en 1986, l’Amof devenue Isactys a été agréée association intermédiaire assez rapidement « pour répondre aux besoins particuliers du territoire et des PME », précise Antoine Servonnat, président et membre fondateur de l’association. Isactys est située en Nord-Isère, à la limite de la Savoie, « un territoire autonome, dans une zone de revitalisation rurale avec un tissu de PME bien implantées ». Au bout de quelques années, profitant des possibilités offertes par la loi, elle crée une ETTI, puis un chantier d’insertion.

Au début des années 2000, à la suite d’une crise interne, l’association doit remettre à plat le projet associatif pour aboutir à la rédaction d’une charte commune et à une restructuration juridique. L’association-mère est maintenue comme « tête politique » d’associations filiales, toutes structures d’insertion.

Le groupe Iscatys profite de cette refonte pour initier des actions susceptibles de favoriser les synergies entre acteurs locaux de l’emploi : « fêtes de voisins » entre artisans et PME, forum Insertion, Emploi, Territoire (en bus), rassemblant des collectivités, des chefs d’entreprises, les services de l’emploi et des associations pour faire connaître les initiatives « dynamiques », des micro-conférences où chaque acteur présente un thème. « Une manière de faire prendre conscience des forces disponibles sur le territoire pour monter des projets facilitant l’emploi et le développement », précise Antoine Servonnat.

Ces synergies vont encore s’accentuer en 2004 quand l’association doit quitter la MJC du Pont-de-Beauvoisin, pour des locaux plus adaptés à l’extension de son activité. Elle sollicite alors le président de la communauté de communes des Vallons du Guiers. « Nous avons trouvé un véritable interlocuteur, prêt à monter et à soutenir un projet de dynamique territoriale » qui trouve sa concrétisation dans la Maison emploi et services (MES), ouverte en février 2007 et financée à 70 % par les collectivités. Isactys y cohabite avec les services techniques des Vallons du Guiers, Pôle emploi, la Mission locale, le Comité local de l’habitat, la chambre de commerce et d’industrie, la chambre des métiers et de l’artisanat, mais aussi des organismes de formation tel que le Greta ou Nord-Isère initiatives qui accompagnent les créateurs et repreneurs d’entreprises.

Isactys reçoit le soutien des conseils généraux de l’Isère et de Savoie, de la communauté de communes des Vallons du Guiers, de la Cress ou de la fédération Coorace. « Le bâtiment est aujourd’hui repéré comme un lieu de proximité dédié à l’emploi et aux services à la population ».

Co-construction n’est pas substitution

Si l’association travaille avec 3-4 communautés de communes (de l’Ain à l’avant-pays savoyard), elle ne souhaite pas « se substituer aux élus ». Antoine Servonnat poursuit : « À chacun sa responsabilité citoyenne, nous pouvons porter de nouveaux projets de territoire, notamment dans le cadre de nouveaux services à la population, mais pas décider des priorités du territoire. » Mais le président d’Isactys reconnaît qu’avec la réforme des collectivités territoriales, il devient difficile de mobiliser des élus, « plus encore quand ils ne s’entendent pas sur les besoins du territoire ». Lionel Lambert, directeur d’Isactys, précise : « Nous souhaitons être force de proposition. Mais notre territoire d’intervention ne colle pas forcément avec celui des collectivités territoriales, ce qui complexifie les choses. Notre ambition est bien de fédérer et de donner une cohérence à l’ensemble, d’identifier des carences et de faire émerger des solutions (services à la personne, éco-construction…), mais nous ne souhaitons pas être chef de file du territoire ». Et il reconnaît que pour l’heure, c’est dans le cadre du programme de coopération Vita du réseau Coorace que « les projets de territoire co-construits prennent place et se structurent. »

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