19.02.2010
Regards : la santé, un préalable au « mieux travailler »
L’ESSENTIEL
Domaine d’activité : Action sociale, gestion urbaine de proximité, IAE
Statut : Association
Année de création : 2000
Implantation géographique : Arles
Type de zone : urbaine (zone urbaine sensible)
Nombre de salariés : 63 salariés en moyenne
Réponses à quels besoins ? Lutte contre les exclusions, insertion par l’activité économique, création de lien social, accès à la citoyenneté, sensibilisation aux problématiques sanitaires.
L’INITIATIVE
La Régie de quartier Regards (Régie arlésienne de développement solidaire), implantée en zone urbaine sensible, consacre 90 % de ses activités techniques à la salubrité de l’environnement public, dans une démarche globale d’accompagnement vers l’emploi. Partant du simple constat qu’il ne peut y avoir de retour à l’emploi si l’état physique ne le permet pas, elle a lancé en 2004 diverses actions en faveur de la santé et du bien-être de ses salariés. Montée en partenariat avec des intervenants extérieurs, cette action s’appuie sur le collectif pour désamorcer toutes les craintes liées à la santé.

Rendre le travail possible
Ce projet part d’un double constat : d’une part, les salariés de la régie, et plus globalement les habitants des quartiers d’intervention, sont confrontés à des problèmes de santé récurrents : « Les problématiques liées à l’emploi, aux enfants, à la survie quotidienne, etc., étant les priorités, la santé passe au second plan », constate Régis Mitifiot, directeur de Regards. D’autre part, ces problèmes sont clairement « des freins à l’emploi ». « Il nous fallait donc apporter une meilleure réponse en termes de sensibilisation et de vigilance ».
« Notre première question, en tant que Régie de quartier est : qu’est-ce qui rend le travail possible ? Cela passe par le soin de soi, la formation, une meilleure attention à son environnement, à sa place dans la société ». La Régie de quartier a donc organisé des ateliers d’alphabétisation, de sensibilisation à l’informatique… et, depuis 2004, des actions en faveur de la santé de ses salariés, autour d’une mesure-phare : des voyages organisés lors desquels les salariés sont amenés à faire un bilan de santé à la CPAM de Nîmes.
« C’est l’occasion d’aller au restaurant, de se décontracter en groupe. La sortie dédramatise le côté médical ». Régis Mitifiot ajoute : « Il est arrivé que, sur les 7 personnes accompagnées, la moitié se soit retrouvée à l’hôpital la semaine suivante… C’est dire les besoins ! »
La force du collectif
La régie organise également des conférences avec des médecins (issus des réseaux des centres sociaux, adhérents de Régie de quartier…) autour de la prévention et travaille avec le pôle santé de la Ville d’Arles.
Elle profite également des ateliers de sensibilisation organisés par la Ligue contre le cancer dans le cadre d’une convention avec le CNLRQ. Les questions d’alimentation sont également abordées (avec les opérations Fraîch’attitude) et un partenariat envisagé avec Solid’Arles, une épicerie solidaire qui propose des produits frais.
Si les salariés sont pris en charge individuellement pour l’accompagnement social, le levier principal de l’insertion est bien le collectif : « C’est un levier formidable pour travailler sur le mieux vivre ensemble, pour désamorcer la violence par le dialogue constant. Dans le cadre du programme santé, c’est une attention plus poussée aux autres, un moyen de supprimer les appréhensions (souvent liées au barrage de la langue) », remarque Régis Mitifiot.
Reste les problèmes d’addictions. « La prise en charge psychologique est un véritable problème dans le système sanitaire français. Ce n’est pas notre cœur de métier et nous manquons d’outils… et partenaires institutionnels n’accordent pas de crédits sur ce volet ». Pourtant, comme conclut Régis Mitifiot, « pour une insertion par l’activité économique réussie, il ne faut pas se focaliser sur la seule question de l’emploi ; la santé est primordiale. Il ne peut y avoir de retour à l’emploi sans un état de santé satisfaisant ».







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