Avise Infos. Initiatives. N°18 - Novembre 2010
Pignon sur rue : l’aide à domicile en toute transparence
L’ESSENTIEL
Domaine d’activité : aide à domicile
Statut : Scic
Année de création : 2009
Implantation géographique : Sarthe
Type de zone : rurale
Nombre de salariés : 20 salariés
Réponses à quels besoins ? Apporter un service à domicile non lucratif à des personnes âgées et/ou handicapées et à des enfants dans une zone rurale mal couverte.
L’INITIATIVE
La Sarthe est un département rural. Pourtant, la plupart des structures d’aide à domicile et de services à la personne se sont développées aux abords du Mans. Afin d’offrir aux populations des territoires ruraux un service à domicile de qualité, Pignon sur rue s’est créée dans un petit bourg à proximité de ses usagers. Elle a choisi le statut de Scic pour permettre plus de transparence dans son fonctionnement et une implication plus forte des communes couvertes par ses interventions.

Comme son nom l’indique...
Pignon sur rue a ouvert ses portes fin 2009 dans un petit bourg de la Sarthe, Fresnay-sur-Sarthe, « entre la supérette et la pharmacie ». « Il existe 160 structures d’aide à domicile ou de services à la personne sur le département, mais on n’en compte que 3 sur notre secteur géographique », explique Laurent Giroux, co-fondateur et directeur administratif de la Scic. Les deux fondateurs viennent du secteur associatif qu’ils ont quitté avec l’envie de monter une structure qui permette un fonctionnement plus démocratique ; « et puis un peu de concurrence ne peut pas faire de mal », assure Laurent Giroux.
De plus, dans des zones où tout le monde se connaît, les usagers ont parfois du mal à accepter qu’un bénévole, souvent un voisin, s’occupe de leurs papiers. « La Scic répondait à une attente ». Elle a bâti son offre sur l’écoute de l’usager et sur la qualité de service. Des contrôles chez l’usager sont régulièrement effectués. « Nous payons mieux nos salariés, mais c’est la garantie d’avoir les meilleurs ».
Dans un secteur où les salaires sont généralement bas, l’information s’est vite répandue : « Les travaux du local n’étaient pas encore finis que nous avions déjà reçu 200 candidatures ». Mais la Scic a du mal à trouver des diplômés. « La formation professionnelle est un des axes de notre développement ». Pignon sur rue compte aujourd’hui une vingtaine de salariés qui assurent 25 000 heures d’activité (480h/semaine) auprès d’une centaine de clients. « Nous avons déjà atteint l’objectif fixé à fin 2012 ! ».
Protéger les personnes vulnérables
Laurent Giroux n’est pas néophyte dans le secteur, bien au contraire : toute sa carrière tourne autour de la gérontologie. Mais il voulait multiplier les expériences de terrain avant de monter sa propre structure. « Le statut juridique me posait problème : le statut associatif ne garantissait pas assez la démocratie et je ne voulais pas de structure commerciale ». La Scop n’était pas satisfaisante car le projet prévoyait d’intégrer des collectivités « qui sont généralement écartées de la gouvernance ». D’où le choix de la Scic.
5 salariés sont devenus sociétaires, « ce qui leur permet de voir la complexité du fonctionnement de la structure » et de mieux s’approprier leur outil de travail. Pour les usagers, des personnes souvent dépendantes, « monter un conseil de vie sociale nous paraissait le meilleur moyen de recueillir leur avis et d’assurer leur représentation ».
Les collectivités locales ont rapidement adhéré au projet. « Plutôt que de nous verser des subventions, nous leur avons conseillé de prendre des parts sociales qu’ils pourraient récupérer et qui leur permettaient d’intervenir dans les décisions de la Scic ». Le conseil général de la Sarthe et la MSA sont également devenus partenaires. Mais « personne ne connaissait le statut Scic » et il a fallu faire preuve de pédagogie auprès des experts-comptables et de la banque notamment. « Grâce à Pignon sur rue, ils ont été les premiers à mettre en place des services pour les Scic en Pays de la Loire ! »
Malgré un développement fulgurant, la Scic doit pourtant faire face au manque de moyens des personnes âgées, au développement de l’auto-entrepreneuriat et au poids très fort du gré à gré dans le secteur. Une aberration qui fait des personnes âgées les employeurs, sans intermédiaire, ce qui ne garantit plus la neutralité de la relation entre l’employé et la personne bénéficiaire. Sans compter le danger encouru par ces personnes parfois vulnérables.
On ne peut que souhaiter le développement de Scic, qui associent transparence, utilité sociale et non-lucrativité dans un secteur où les besoins vont croissant.







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