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Avise Infos. Dynamique territoriale. N°19 - Décembre 2010

CBE du Seignanx : l’emploi y gagne avec l’ESS

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Dans les Landes, l’économie sociale et solidaire est reconnue comme moteur du développement local. En combinant activités économiques et exigence sociale, elle stimule notamment l’emploi et l’insertion professionnelle. Le comité de bassin d’emploi (CBE) du Seignanx ne s’y est pas trompé. Depuis de nombreuses années, il adopte les outils de l’ESS pour accomplir ses missions de valorisation du territoire, de création de nouvelles activités, de formation professionnelle et de soutien à la compétitivité des entreprises.

« L’économique ne va pas sans le social »

« Le CBE du Seignanx a toujours entretenu des liens forts avec l’économie sociale et solidaire », constate Stéphane Montuzet, son directeur. À l’origine du CBE, le comité local de l’emploi, mis en place par le maire de Tarnos en 1982, entendait répondre aux besoins d’un territoire confronté à de nombreux licenciements. « Les élus ont souhaité travailler différemment la question de l’emploi, forcer les entreprises à être responsables sur les questions sociales ».
Le CBE voit le jour en 1993. Il a pour objectif d’animer les questions du développement économique, de l’emploi et de l’insertion pour les collectivités locales. « Nous conservions ainsi le lien entre économique et social. C’est une posture politique : pour nous, l’un ne va pas sans l’autre. Si nous pouvons structurer nos nouveaux projets en nous appuyant sur des statuts de l’ESS, nous le ferons. C’est un moyen d’investir le champ économique et marchand, mais au service du social ».
Le CBE n’a donc pas attendu le décret de 2002 pour intégrer l’économie sociale et solidaire dans ses collèges. Des représentants de l’ESS y siègent depuis sa création, voire ont contribué à le faire naître. « Des structures d’insertion, le foyer de jeunes travailleurs de Tarnos ou l’Urscop Aquitaine font partie de nos administrateurs ».
C’est sur les valeurs de l’ESS (« la gouvernance démocratique, le collectif, la solidarité, une démarche participative ») qu’ont été créées les structures portées par le CBE ou par le Plie qui y est intégré. On peut citer un GEIQ, deux entreprises d’insertion, un groupement d’employeurs multisectoriel, une pépinière d’entreprises, une couveuse d’activités. « Ces structures nous permettent de trouver des connexions avec le champ économique, d’être dedans, pas à côté ».

Synergies partenariales pour activités innovantes

L’ESS doit être « un élément à part entière du développement local, pas un statut pour se donner bonne conscience ». C’est donc naturellement que le CBE s’est tourné vers l’ESS pour outiller ses projets. D’autant qu’elle offrait un outil d’expérimentation efficace en matière de dynamique territoriale : la Scic « qui associe multipartenariat, utilité sociale et non-lucrativité », explique Stéphane Montuzet.
En 2002, le CBE crée donc la Scic’Landes, une couveuse d’activité, « mais sous la forme d’une CAE ». Quelques années plus tard, le CBE réplique avec la Scic Eole, un restaurant d’insertion aux activités variées : portage de repas à domicile pour les personnes âgées, restauration dans les maisons de retraite, des instituts accueillant des personnes handicapées, des restaurants d’entreprises de la zone industrielle Tarnos Bayonne.
La Scic permet d’impliquer des acteurs qui n’avaient pas vocation à y être et « de maintenir la dynamique partenariale qui a prévalu à sa création » en associant à sa gouvernance tous les partenaires, notamment le CBE… « Nous ne voulions plus seulement intervenir au moment des difficultés. La Scic est une façon d’être dans un appui positif ». Un positionnement qui vaut d’ailleurs pour l’ensemble des partenaires, les collectivités notamment. « Il est important que les collectivités locales se portent garantes car elles viennent avec une logique de territoire ». Dernier avantage de la Scic : l’hybridation des ressources, « une réponse aux questions sur le financement du développement local ».
Aujourd’hui, le CBE imagine deux nouveaux projets de Scic : un centre de formation sur l’éco-habitat et une crèche interentreprises. Il souhaite ouvrir un pôle de coopération économique, sociale et environnementale qui « dépasse l’ESS pour inclure les entreprises du secteur marchand, de l’industrie, du BTP qui sont autant concernés par les questions de développement durable, de responsabilité sociale des entreprises, etc. Nous sommes en permanence à la recherche d’une culture et d’une conviction communes ». Et les élus, qu’il a également fallu convaincre, sont aujourd’hui de précieux soutiens sur ces questions.

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