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Juin 2011

Suède : la région de Göteborg joue la carte de la concertation

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Dans la région de Västra Götaland, en Suède, un plan d’action pour l’économie sociale va être mis en place d’ici cet été. Il s’intègrera à la politique d’appui aux entreprises de la région : outils d’investissement et fonds solidaires, aide à la structuration du secteur…

La région de Västra Götaland en Suède regroupe 49 municipalités à dominante rurale au milieu desquelles se trouve Göteborg, la deuxième ville du pays. La collectivité régionale et ses différentes entités sont nées il y a une dizaine d’années de la fusion de quatre comtés (l’équivalent de nos conseils généraux) [1]. Dès le départ, l’économie sociale a fait partie des préoccupations des politiques locales. Le troisième plan d’action pour l’économie sociale (2011-2014) sera présenté par le comité de développement régional (CDR), l’instance en charge du développement économique. Dans cette mission, le CDR s’appuie sur le conseil régional de l’économie sociale (SER, pour l’acronyme suédois), qui organise depuis 2004 la concertation entre élus régionaux et réseaux de l’économie sociale.

A territoire dynamique, programme entreprenant

Le plan s’intègre à la politique d’appui aux entreprises de la région : outils d’investissement et fonds solidaires, aide à la structuration du secteur… A titre d’exemple, un programme en faveur de la création ou le développement d’entreprises sociales est doté de 110.000 € annuellement. Dans la région de Västra Götaland, une entreprise sur 20 se réclame de l’économie sociale, soit 4 % de l’emploi salarié, principalement dans les services sociaux, à la personne et les services financiers. La région compte aussi un tissu très dense de 20 000 associations actives. "La Région a mis en place un conseil régional de l’économie sociale (SER) pour garantir une action conjointe entre le secteur et la collectivité régionale", explique Maria Johansson, chargée de l’économie sociale au sein du comité de développement régional (CDR). L’originalité du SER réside dans son organisation et sa connexion aux instances régionales.

La place du SER

Organisme de concertation, le conseil régional pour l’économie sociale n’a pas de pouvoir de décision en tant que tel. Il a un rôle consultatif auprès du comité de développement régional (CDR) qui assume l’ensemble de la politique de développement économique régional, pendant que le conseil régional s’occupe de santé publique, d’environnement, de culture et de la fiscalité [2].
Les membres du conseil régional sont élus au suffrage universel direct, tandis que le CDR est composé d’élus, délégués par les municipalités et le conseil régional. Le SER apporte son avis sur les décisions d’investissement ou de subvention, sur la mise en œuvre du plan d’actions, ainsi que sur la détermination des axes stratégiques lors de son réexamen. "Nous travaillons actuellement au programme 2011-2014. Le SER a vécu plusieurs débats et ateliers. Une équipe de consultants a évalué le programme qui s’achève. Les municipalités ont aussi apporté des éléments de discussion", raconte Maria Johansson.
Le SER a aussi vocation à organiser les activités d’information et de sensibilisation à l’économie sociale, tant pour les élus régionaux que pour le grand public à travers l’organisation de foires, salons et séminaires de formation.

Un esprit paritaire

Le SER est composé de 24 membres. 8 sont des élus du comité de développement régional, les 16 autres représentent les quatre réseaux sous-régionaux de l’économie sociale. Ces quatre réseaux regroupent les associations, coopératives, mutuelles et fondations sur la base géographique des quatre comtés qui ont fusionné pour donner la région du Västra Götaland. Ce mode de représentation territorial vise à respecter les attentes et le contexte plutôt rural de trois des réseaux et celui, urbain, de l’agglomération de Göteborg. La nature paritaire (bien que l’équilibre quantitatif ne soit pas respecté) du SER vise à favoriser la compréhension mutuelle entre les élus politiques et les acteurs de l’économie sociale. D’autres acteurs sociaux ou organismes régionaux sont souvent conviés pour approfondir un travail transversal. Par exemple, le Länsstryrelsen, instance régionale chargée du développement rural fait partie des invités réguliers du SER. "Le SER est aujourd’hui bien ancré politiquement", affirme Maria Johansson. Pour preuve, "la nouvelle assemblée régionale (élue en 2010) a souhaité prolonger le travail avec le SER".

Cet article est tiré de www.essenregion.org



[1] Il existe 19 comtés (équivalent de nos conseils généraux) et deux assemblées régionales en Suède nées de la fusion de plusieurs comtés. Ces assemblées sont élues au suffrage universel direct

[2] Historiquement, les comtés et maintenant les régions ont eu à gérer uniquement les questions sociales et de santé ce qui explique que l’économique soit géré par une instance particulière. Comtés et régions disposent aussi d’une compétence fiscale. Schématiquement, l’organisation fiscale suédoise est l’inverse de la fiscalité française : les collectivités locales suédoises lèvent l’impôt et font remonter une cote part à l’État central

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