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13/01/2012

Danemark : Copenhague tente d’associer l’entrepreneuriat social à ses politiques sociales

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Après des décennies d’un État social fort, la politique de décentralisation de cette dernière décennie a conduit les Villes et les Agglomérations danoises à prendre en charge les questions d’emploi et d’insertion. Dans ce mouvement, les entreprises sociales sont de plus en plus sollicitées par les autorités locales comme celles de Copenhague, la décentralisation s’accompagnant d’une tendance complémentaire : l’externalisation des services sociaux. Copenhague est d’ailleurs l’un des membres du réseau Cities for active inclusion*.

Notre économie sociale à la française semble coupée en deux dès lors que l’on passe la frontière danoise. D’un côté se trouve le tiers secteur, constitué de l’ensemble des ONG et associations œuvrant à la résolution de problèmes sociaux grâce à l’appui quasi-exclusif de bénévoles et sans recours à un quelconque financement public ou à la facturation des services auprès des usagers. C’est le cas, par exemple de l’Association danoise contre le cancer (Kræftens Bekæmpelse) qui offre assistance et appui aux malades et aux familles, via un réseau de professionnels de santé bénévoles.

L’entreprise d’économie sociale
De l’autre côté se trouve l’économie sociale danoise faite d’entreprises non profit poursuivant un objectif social, mais évoluant sur le marché concurrentiel. Les textes officiels parlent précisément d’ "entreprises de l’économie sociale" comme dans cette motion votée en 2010 qui établit que "l’objectif d’une entreprise de l’économie sociale est d’améliorer les conditions de vie et de produire une utilité sociale dans les champs suivants : affaires sociales, améliorations environnementales, sanitaires et sociales via" :

- des process et produits innovants
- des entreprises professionnalisées (pas de recours au bénévolat)
- un entrepreneuriat privé ou collectif (exclusion du secteur public)
- un réinvestissement des profits pour renforcer l’objectif social de l’entreprise (organisations non profit).

Ces entreprises travaillent souvent en relation avec les autorités locales. A titre d’exemple, l’Ecole Kofoeds est un centre de formation privé et non lucratif qui délivre une foule de services de formation, d’hébergement d’urgence, d’appui social à un public des plus diversifiés (migrants, femmes isolées, jeunes en déserrance...). La Ville rémunère les services rendus à hauteur des deux tiers des ressources de la structure, notamment du fait de sa mission légale d’accueillir les ressortissants du Groenland en difficulté.

Orienter le marché des services sociaux
Dans le cadre de ses prérogatives issues de la décentralisation et de la politique d’externalisation des services sociaux, la Ville de Copenhague a récemment désigné trois axes stratégiques pour lesquels elle souhaitait voir émerger des entreprises sociales :

- Participer à la création d’un marché plus inclusif.
- Favoriser l’innovation en matière de services sociaux proposés sur le territoire.
- Augmenter le recours aux partenariats publics-privés-tiers secteur.

Pour autant, "il n’existe pas de coopération institutionnalisée entre la Ville et l’économie sociale en tant que secteur", explique Thomas Bisballe, du Centre des entreprises de Copenhague (Business Centre Copenhagen – BCC), un service municipal qui se charge de conseiller les entrepreneurs, sociaux ou non, désireux de s’implanter ou se développer sur l’agglomération. Autrement dit, la Ville est un donneur d’ordre qui recourt à des prestataires capables de mettre en œuvre leurs politiques publiques. Par exemple "durant les quatre prochaines années, le BCC s’emploiera à établir un cadre de travail et les méthodes pour stimuler l’entrepreneuriat social, dans les quartiers défavorisés de Copenhague", explique Thomas Bisballe.

L’entrepreneuriat social, prestataire des politiques sociales de la Ville, devrait donc prendre une place de plus en plus importante dans le paysage de la capitale danoise qui aura à construire les règles d’un partenariat public-privé, entre prestation de service et co-construction des politiques publiques.

Philippe Chibani-Jacquot
Source : www.essenregion.org

Pour en savoir plus :
Ville de Copenhague
Bureau de la politique de l’Emploi et de l’Administration de l’intégration
Morten Backmann
(+45) 33173777
ZK3I@bif.kk.dk

Note :
1 Lire l’article Cities for active inclusion mise sur l’économie sociale

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