29 mars 2012
2011-2012 : Accélération des dynamiques autour de l’innovation sociale
Un groupe de travail dédié au sein du CSESS
Suite au rapport Vercamer (28 avril 2010) dont plusieurs propositions traitaient de l’innovation sociale, le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) a mis en place en 2011 un groupe de travail consacré à ce sujet.
Présidé par Hugues Sibille, vice-président du CSESS, vice-président du Crédit Coopératif et président de l’Avise, ce groupe de travail s’est donné pour objectifs de rendre opérationnelles certaines des propositions du rapport Vercamer et de les approfondir afin d’accélérer le développement de l’innovation sociale en France. Son premier rapport de synthèse a été remis en décembre 2011 au CSESS et présenté à la ministre Roselyne Bachelot. 9 propositions y sont formulées.
Un collectif d’acteurs de l’entrepreneuriat social se mobilise sur le sujet
Fort de leurs expertises complémentaires, cinq acteurs de l’entrepreneuriat social (le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux (Mouves), l’Avise, l’ESSEC-IIES, l’URSCOP Languedoc-Roussillon et France Active) ont initié en début d’année 2011 un groupe de travail pluridisciplinaire autour d’un objectif commun : mieux accompagner et financer l’innovation sociale, pour accélérer son développement. Cet objectif se décline en trois volets d’action : développer la culture et les pratiques d’innovation au sein des entreprises sociales, mettre en place des outils spécifiques pour accompagner et financer l’innovation sociale et aussi ouvrir les aides classiques à l’innovation. Leurs travaux ont notamment abouti en décembre 2011 par la mise en ligne d’une boîte à outils innovation sociale destinée, en priorité, aux entrepreneurs et acteurs d’appui à l’innovation.
Début 2012, ce collectif a défini plusieurs enjeux importants pour l’année à venir comme l’importance de concevoir des politiques publics en faveur de l’innovation sociale, le renforcement des dynamiques régionales et du rôle des territoires dans leur appui de l’innovation sociale. Le groupe de travail espère prochainement faire reconnaître, « à travers une loi-cadre », l’innovation sociale. « Le fait d’être reconnu par la loi crée un terrain favorable, souligne Hugues Sibille, le président de l’Avise. Mais il faut aussi se doter d’une définition de critères pour déterminer l’innovation sociale. »
Des avancées majeures pour financer l’innovation sociale
En 2011, France Active a lancé une ligne d’investissement nommée Innov’ESS, dotée de 2 millions d’euros. En savoir plus
Le 21 mars 2012, le Ministère des solidarités et de la cohésion sociale, a signé avec la Caisse des Dépôts un protocole d’accord pour la création d’un fonds d’investissement pour l’innovation sociale. En savoir plus

Une forte dynamique européenne
La Commission européenne a lancé en mars 2011, l’initiative européenne en faveur de l’innovation sociale – Social Innovation Europe, une plateforme virtuelle en réseau et un centre d’expertise destiné aux entrepreneurs sociaux, au secteur public et au secteur tertiaire. Le but de cette initiative est de « contribuer à créer une Europe dynamique, entreprenante et innovante, ainsi qu’à réaliser les objectifs d’une croissance inclusive, intelligente et durable ».
Elle a fait une communication au mois d’octobre 2011 concernant l’innovation sociale et l’entrepreneuriat social, suivie d’une conférence à Bruxelles en novembre, en présence du président de la commission européenne, de deux commissaires européens et d’un certain nombre de directeurs de la Commission européenne.
En savoir plus sur l’innovation sociale en Europe sur le site www.essenregion.org
Exemple en Grande-Bretagne : Le Kent favorise les innovations participatives
Question à Hugues Sibille, vice-président du Crédit Coopératif, président de l’Avise et président du groupe de travail sur l’innovation sociale initié par le Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire.
Quels sont les facteurs de réussite d’un projet d’innovation sociale ?
« Le premier facteur, c’est de coupler l’innovation sociale avec un modèle économique robuste. Pas de social sans économie. Pour les entreprises sociales marchandes, il faut donc s’assurer qu’il y a une demande sociale solvable. Le second facteur c’est de trouver à financer la recherche développement social. C’est pourquoi nous agissons pour qu’OSEO finance l’innovation sociale, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Enfin j’insisterai pour que la gouvernance des entreprises sociales soit claire, efficace, participative. Par exemple dans les coopératives (SCOP ou SCIC) et aussi associations. Rappelons qu’au sens de l’Europe les associations sont considérées comme des PME. Tout naturellement ces projets doivent être accompagnés en respectant leur identité, leurs valeurs, leurs statuts ... »







