
FICHE 2
Les bonnes questions à se poser avant de se lancer ( Archives )
MURISSEZ VOTRE PROJET : DE L’IDEE A LA FAISABILITE
Tout projet de création d’entreprise commence par une idée. Il va falloir que cette idée mûrisse, grandisse, se confronte à la réalité. Il va falloir vous préparer ! Sachez que le lancement d’un projet d’entrepreneuriat social demande, en général, un temps de maturation plus grand que pour un projet « classique ». La recherche d’informations auprès des réseaux spécialisés, la définition du projet social, le choix de l’activité économique, l’accompagnement personnel dont vous allez pouvoir bénéficier, la bonne connaissance du territoire, sont les premières étapes fondamentales.
POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES GRANDES ETAPES DE LA CREATION D’UNE ENTREPRISE : l’Agence pour la création d’entreprises
Avant le lancement de votre entreprise, il faut vous poser de nombreuses questions, tant sur le plan personnel que professionnel, et les confronter à des avis de personnes expérimentées. Puisez dans l’expérience des autres qui seront ravis de vous donner des conseils.
Sur le plan social
1. Comment définir mon projet social ? Avant de vous lancer, il vous faut définir précisément l’objectif social de votre projet, la mission de votre entreprise et l’orientation de votre projet.
2. Suis-je en adéquation avec mon projet ? Quelles sont mes aspirations, mes objectifs, mes motivations ? Pourquoi choisir l’entrepreneuriat social plutôt que l’entrepreneuriat classique ? C’est en fonction des réponses que vous vous orienterez vers tel ou tel type de projet social.
3. Quels sont les besoins sociaux locaux ? Quels sont les bénéficiaires de l’activité engagée (nombre, typologie, localisation,...) ? Quelle est la nature précise de leurs besoins (enquête si nécessaire) ? Quelles sont les réponses actuelles à ces besoins (adéquation entre les réponses et les besoins) ? Quels sont les acteurs concernés (publics/privés) ? Comment vont évoluer ces besoins dans le futur ?
4. Quels sont les partenaires territoriaux potentiels ? Un projet social ou solidaire est avant tout local. Il est donc indispensable de créer des liens avec les institutions territoriales et les acteurs spécialisés locaux. Cette phase est primordiale.
Sur le plan économique
5. Quel est le marché local ? Une étude de marché est indispensable pour affiner le projet économique : étude de la concurrence, typologie de la clientèle, analyse des prix du secteur, rentabilité potentielle de l’activité, etc.
6. Quels sont les clients et partenaires potentiels ? Il est indispensable de garantir à l’entreprise ses premiers clients ou prescripteurs, qui ouvriront le carnet de commandes. Il peut s’agir de collectivités locales, sensibles au projet social, mais également de clients qui jugeront d’abord le service ou le produit, sans forcément connaître le projet social.
7. Quels sont les partenaires financiers ? Vous devez chercher à renforcer vos fonds propres, pour couvrir les investissements et vos besoins en fonds de roulement. Il vous faut trouver des fonds propres auprès de financeurs publics ou privés souhaitant s’associer au projet, et le cas échéant, les compléter par des prêts auprès des banques.
8. Puis-je être accompagné ? La solitude est le pire ennemi du créateur. Entourez-vous de compétences pour être accompagné dans le développement de votre entreprise, par des structures d’accompagnement à la création d’activité ou en bénéficiant de l’aide proposée par certains financeurs. Des partenariats locaux, publics ou privés sont indispensables. Mais il est essentiel que vous vous appropriiez votre projet : être accompagné ne veut surtout pas dire perdre la main et la maîtrise. Attention dans ce domaine à ne pas recourir à trop de consultants extérieurs : ayez confiance en vous et trouvez les bons appuis.
Une fois l’étude de faisabilité réalisée, il faut modéliser le projet sur le plan social et économique. Là encore, il s’agit de répondre à des questions fondamentales et de formaliser les réponses avant de lancer votre entreprise.
Sur le plan social
9. Quelles sont les valeurs de l’entreprise ? Une fois le projet social défini, formalisez les valeurs de l’entreprise (exemples : transparence, solidarité, tolérance, respect d’autrui, non lucrativité, etc.), ses finalités (sa raison d’être) et ses missions (les buts à atteindre).
10. Quel sera le mode de gouvernance ? En fonction du projet social et des valeurs, quel statut d’entreprise choisir ? Qui va diriger ? Y aura-t-il ou non distribution des bénéfices ? Faut-il choisir de créer une entreprise de capitaux (EURL, SARL, SA) ou une entreprise de l’économie sociale (association, coopérative, etc.) ? Ces questions sont essentielles pour définir le mode d’organisation et de gestion de l’entreprise, au service des valeurs précédemment définies.
Sur le plan économique
Il y a plusieurs étapes à suivre pour s’assurer de la faisabilité économique de votre projet. C’est à vous de faire cette étude, en vous entourant de bonnes personnes.
11. Quel est le plan de financement initial ? Il apporte des solutions aux questions suivantes : quels sont les capitaux nécessaires pour lancer le projet ? Quel est le montant des besoins en fonds de roulement, des investissements, des pertes éventuelles de démarrage ? Quels financements (apports en fonds propres, subventions, emprunts,...) couvriront ces besoins ?
12. Quel est le compte de résultat prévisionnel ? Il permet de savoir si l’activité sera suffisante la première année pour couvrir les charges entraînées par les moyens humains, matériels et financiers mis en œuvre.
13. Quel est le point mort et quand l’entreprise prévoit-elle de l’atteindre ? Le point mort - ou seuil de rentabilité - indique quel montant minimal de recettes sera nécessaire au cours de la première année (si possible), ou au moins la deuxième année, pour couvrir les charges (certains recommandent de ne dépenser que ce que l’on gagne !).
14. Quel est le plan de trésorerie ? Ce plan met en évidence, mois par mois, l’équilibre ou le déséquilibre entre encaissements et décaissements.
15. Quel est le plan de financement à trois ans ? Il permet enfin de vérifier si, effectivement, la structure financière du projet se maintiendra et même s’améliorera, malgré de nouveaux besoins durables de financement apparaissant dans le temps.
Si vous êtes à l’initiative d’une marque, d’un procédé ou d’une invention, pensez à en garantir la propriété intellectuelle. Les droits de propriété intellectuelle se divisent en deux branches : les droits d’auteurs et les droits de propriété industrielle. Ils existent pour vous prémunir contre toute appropriation et exploitation par un tiers.
Les droits d’auteur
Ils protègent les œuvres de l’esprit : œuvres littéraires, œuvres d’art, œuvres musicales, audiovisuelles ou logiciels.
Avant de divulguer votre création, constituez des preuves attestant de la paternité d’une création, pour faire valoir vos droits, s’il est nécessaire. Aucune formalité particulière n’est à accomplir. Vous pouvez cependant contacter les sociétés d’auteurs.
Les droits de propriété industrielle
Ils se répartissent en deux catégories :
- les droits sur les créations nouvelles, utilitaires (brevets d’invention) ou ornementales (dessins, modèles) ;
- les droits sur les signes distinctifs (marques, appellations d’origine, indication provenance,...).
Contrairement aux droits d’auteur, ils nécessitent l’accomplissement de formalités particulières auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI).
Site de l’INPI
En tant qu’entrepreneur, vous pouvez aussi décider de reprendre une entreprise plutôt que d’en créer une. Le marché de la reprise d’entreprise est important*, mais celui de la reprise d’entreprise sociale est encore très limité car il est relativement récent. D’ici une dizaine d’années, les spécialistes du secteur s’accordent à dire que la question des successions et des reprises d’entreprise sociale sera cruciale (compte tenu du départ à la retraite des premiers « entrepreneurs sociaux ») pour pérenniser et développer l’activité. Il faudra néanmoins que la reprise des entreprises sociales s’organise, ce qui n’est pas encore le cas.
Mais rien ne vous empêche de reprendre une entreprise "classique" et de la faire évoluer vers une entreprise sociale. Il faut cependant savoir que le profil du repreneur est différent de celui du créateur, même si les deux veulent entreprendre !
Où trouver une affaire à reprendre ?
Les voies possibles pour trouver une entreprise à racheter sont multiples :
Chambres de métiers, Chambres de Commerce et d’Industrie, banques, experts-comptables, etc. Mais le bouche à oreille reste l’outil le plus efficace pour un repreneur !
Pour les entreprises sociales, le mieux est de contacter les réseaux spécialisés.
Pour les entreprises classiques, contactez le CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). Le CRA a l’avantage d’être un réseau national qui couvre tous les types de métiers. Il met en relation les cédants et les repreneurs et les accompagne dans leurs démarches. Il propose aussi des formations et des groupes de travail d’entrepreneurs qui permettent de partager les expériences et les savoir-faire. Il comptabilise environ 16 000 adhérents depuis sa création. Il présente sur son site Internet 600 PME/PMI à reprendre.
CONTACT
Cédants et repreneurs d’affaires
18, rue de Turbigo - 75 002 Paris
Tél. : 01.40.26.74.16
info@cra.asso.fr
www.cra.asso.fr
*Tous les ans, plusieurs milliers de PME/PMI saines disparaissent faute de repreneurs, entraînant la perte de milliers d’emplois. Selon une étude récente de l’APCE, la création de 221 200 entreprises en 2001 représenterait 354 000 emplois et la reprise de 100 000 entreprises, 390 000 emplois. Les emplois générés au bout de cinq ans sont de 240000 pour les créations et de 351 000 pour les reprises. Par conséquent, la reprise est à terme plus favorable pour l’emploi, ce qui n’est pas négligeable !







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