Eveilleco, pour "baliser" le territoire
La pédagogie par l’exemple
« Il n’y a que très peu de renouvellement des classes d’entrepreneurs en France. Travailler à l’émergence, c’est donner leur chance aux personnes les plus éloignées de la culture de la création d’entreprise », explique Jean-Pierre Martin, le directeur d’Eveilleco.
C’est à partir de ce constat que le CIME, puis Eveilleco depuis le rapprochement de l’association avec le Réseau des Boutiques de Gestion, ont développé le dispositif Balise, une base de données riche de plus de 700 fiches initiatives qui rendent compte de parcours d’entrepreneurs, de fiches techniques ou méthodologiques, et d’un credo, la pédagogie par l’exemple. Les fiches sont complétées et mises à jour régulièrement et font la part belle aux structures de l’économie sociale. « L’innovation est bien entendu recherchée, mais plutôt dans la manière de fonctionner en interne, de commercialiser… que dans les activités développées ». Un partenariat est d’ailleurs envisagé avec l’Avise, « la plus au fait des innovations sociales », pour compléter les fiches initiatives.
« Le but de Balise est bien d’aller au-devant de la curiosité des gens, qu’ils aient ou non des envies de création d’activités », poursuit Jean-Pierre Martin. Les points Balise organisent par exemple des ateliers collectifs pour sensibiliser des publics, parfois très éloignés de la culture de l’entrepreneuriat, à la création d’activités. Dans le même sens, Eveilleco anime, pour le compte de la Caisse des Dépôts, le programme des Services d’amorçage des projets (SAP).
Son but ? Développer l’émergence de projets de création d’activités dans les quartiers en difficulté.
Ambitions territoriales pour une implantation nationale
Balise est utilisé par un fidèle réseau d’adhérents (les MIFE, utilisateurs « historiques », les Boutiques de Gestion, les Maisons de l’emploi, etc.).
« Le développement des utilisateurs de Balise se fait en tâche d’huile. Nous nous développons bien là où nous sommes bien implantés », explique Jean-Pierre Martin. « Notre objectif est donc de réorganiser l’offre de services de manière à couvrir l’ensemble du territoire à 3 ans ». Une nouvelle réflexion stratégique est donc menée pour trouver des partenaires locaux (EPCI, Boutiques de Gestion, Maisons de l’emploi, etc.), dans le cadre de contrats de développement trisannuels. Ils sont dénommés « Balise Envie d’entreprendre ». À eux de porter la politique d’émergence de création d’activités en s’appuyant sur les points Balise qu’ils gèrent en propre ou qu’ils délèguent.
Il leur faut bien comprendre le territoire. « Lorsque l’on cherche à s’implanter sur un nouveau territoire, la première idée est d’assurer une présence dans les grands centres urbains, les préfectures, etc. Mais si on prend l’exemple des territoires de montagne, on s’aperçoit que, plus que la préfecture, c’est la vallée qui importe, qui conditionne les déplacements. Si bien qu’il sera plus pertinent de s’installer dans une agglomération de la vallée plutôt que dans la préfecture ». Pour que la politique d’émergence soit efficace, il faut également que des réseaux d’accompagnement y soient présents. « C’est bien beau de susciter l’envie, de faire émerger l’idée, poursuit Jean-Pierre Martin. Mais s’il n’y a pas de réseaux susceptibles d’accompagner les porteurs de projet en aval, l’idée va faire long feu ».
Il faut enfin que le territoire soit mûr, qu’il ait développé ou souhaite développer une stratégie de création d’activités. Il n’y a donc pas de recette unique : à chaque territoire sa stratégie de développement.







En savoir plus