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Interview
Développement territorial

Le projet AJITeR : rendre les territoires ruraux attractifs pour les jeunes adultes

Comment attirer de jeunes adultes dans les territoires ruraux ? Le projet AJITeR fédère cinq partenaires d'horizons très divers pour tenter de cerner les attentes et les besoins de cette génération, mais aussi pour identifier les bonnes pratiques des territoires. Interview de Thomas Fauvarque, chef de projets à l'Association pour le développement en réseau des territoires et des services (ADRETS).
  • Thomas Fauvarque, chef de projets à l'Adrets
    Thomas Fauvarque, chef de projets à l'Adrets

Le projet AJITeR, de quoi s’agit-il ?

L'idée de ce projet est d'améliorer la prise en compte du public « jeunes adultes » par les acteurs publics et privés ruraux, afin que ces territoires soient les plus attractifs possible pour cette catégorie de population. Cela se traduit par des actions variées, qui vont de l'identification et de la valorisation des bonnes pratiques mises en place par des territoires à des actions d'accompagnement de jeunes adultes, comme c'est le cas avec la Caravane des possibles. Il peut également s’agir d’accompagnement de porteurs de projet.

Le projet, démarré en 2018 et d’une durée de trois ans, a pour objectif final d’identifier et de valoriser des bonnes pratiques, des leviers et des freins à l'installation de ces jeunes adultes en milieu rural.

Quel était votre constat de départ pour construire ce projet ?

À l’Association pour le développement en réseau des territoires et des services (Adrets), association située sur le territoire alpin, cela fait 20 ans que nous travaillons sur l'accès aux services au public comme levier de développement des territoires ruraux. Nous travaillons sur l’ensemble des publics, mais les jeunes adultes représentent les futures générations des milieux ruraux. Nous avons donc eu envie de nous pencher un peu plus sur eux. Souvent, les jeunes adultes passent sous les radars des politiques territoriales d’attractivité qui ciblent l’ensemble de la population. C’est une très bonne chose de prendre en compte l’ensemble des habitants mais parfois, il faut ajouter des plans d’actions spécifiques pour certains publics.

AJITer est estampillé programme de Mobilisation collective pour le développement rural (MCDR). De quoi s'agit-il ?

Porté par le Réseau Rural National, l’appel à projet Mobilisation collective pour le développement rural (MCDR) vise à soutenir des projets collectifs, nationaux ou inter-régionaux en faveur de la ruralité et qui entrent dans le cadre des objectifs de la politique européenne du développement rural et bénéficient pour se faire de co-financement du fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Un premier appel à projet a été lancé en 2015, puis un second en 2018.

L'idée de ce programme est de travailler en collectif avec des partenaires sur des sujets importants pour le développement rural. Les sujets ont d'abord été très agricoles, mais aujourd'hui c'est beaucoup plus ouvert.

Qui sont vos partenaires ?

Nous sommes cinq, non experts de la jeunesse mais avec un angle de travail sur les territoires ruraux différents. C’est cela qui nous a attiré : avoir une analyse sur les jeunes adultes via d’autres thématiques telles que les services au public, la culture, le développement durable, etc.

Les partenaires de l’Adrets sont le CIPRA France, qui travaille à la protection et au développement durable des Alpes, le Crefad Auvergne, association d'éducation populaire, le réseau national des cafés culturels et cantines associatifs, ainsi que l'Ufisc qui regroupe plus de 2000 structures culturelles en France, dont des associations en milieu rural.

Comment l’économie sociale et solidaire s’insère-t-elle dans ce projet ? Est-ce une ressource de terrain ou un potentiel d'attractivité des territoires ?

L’économie sociale et solidaire (ESS) n'est pas une dimension inscrite en tant que tel dans le projet AJITeR, mais force est de constater que nombre d'initiatives identifiées et d'acteurs rencontrés sont issus du tissu associatif. De fait, nous travaillons beaucoup avec eux, tout comme nous travaillons avec les collectivités territoriales. Notre but est donc de brancher ces deux mondes et les faire travailler ensemble.

Par exemple ?

Le Crefad Auvergne organise notamment La caravane des possibles pour accompagner des jeunes adultes à la découverte d'un territoire rural. C’est l’occasion pour eux de se confronter à leur projet de vie ou à leur projet d'activité s'ils en ont un. Ils rencontrent alors des acteurs publics et de nombreux acteurs privés dont beaucoup font partie de l'ESS. Par ailleurs, l'accompagnement réalisé durant La  caravane des possible utilise des outils et une pédagogie issus de l'ESS et de l’éducation populaire : la coopération, le modèle non-lucratif, la démocratie.

Autrement dit, l'ESS est présente du fait des acteurs que l'on croise et qui témoignent de leur territoire, mais aussi par la pédagogie qui est utilisée dans le processus d'accompagnement.

Je donnerais un autre exemple sur un autre type d’action. L'Adrets accompagne  des territoires qui souhaitent élaborer une politique publique d’attractivité avec des actions spécifiques « jeunes adultes ». Au moment de mettre en place les comités de pilotage, on se rend compte qu'il s'agit très souvent d'associations. Il est nécessaire de travailler ensemble avec une politique publique structurelle et des actions de terrains portées par les acteurs du territoire.

Comment définir un jeune adulte ?

Volontairement, nous n'avons pas formellement catégorisé ce qu'est un jeune adulte pour ne pas trop l'enfermer. Ce que nous travaillons ce sont les questions de choix de vie, d’installation, de réflexion, d’orientation.

Nous essayons de travailler ces questions de façon globale, et non thématique par thématique. Le projet AJITeR nous fait travailler autant avec des jeunes qu'avec des professionnels accompagnateurs des jeunes, ou encore des collectivités qui se préoccupent de faire venir de jeunes adultes. Les cinq partenaires sont associés dans le projet tout en déployant chacun des actions propres.

Comment allez-vous mesurer les résultats du projet AJITeR ?

AJITeR a débuté en septembre 2018 et s’achèvera en septembre 2021. Nous répertorions l’ensemble de nos actions et des acteurs que nous croisons pour les valoriser au maximum. Nous faisons  beaucoup d'actions de mise en réseau, de présentation de bonnes pratiques, d’analyse. Nous essayons de faire connaître le projet et d’apporter des éléments d’éclairage pour les territoires.

Nous produisons aussi un livret complet reprenant des témoignages de structures et des propositions plus concrètes pour les acteurs. L’objectif est que chacun puisse s’approprier au mieux nos enseignements afin que notre analyse serve de levier à des actions de développement pour les territoires ruraux.

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