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Décryptage
Impact social

Financeurs et évaluation de l'impact social

Acteurs clés de l’écosystème de l’économie sociale et solidaire (ESS), les financeurs s’intéressent de plus en plus à l’évaluation de l’impact. Au-delà de l’enjeu d’évaluer les effets des actions, se pose la question de l’accompagnement et du dialogue nécessaire autour de l’évaluation avec les projets financés.

Cet article de l'Avise a été publié dans le cadre du Baromètre Convergences sur la finance à impact

Les financeurs de l’ESS, qui sont-ils et quels sont leurs enjeux ?

La notion de financeur de l’ESS regroupe un ensemble d’acteurs publics et privés de natures différentes, qu’il est possible de distinguer en 3 grandes catégories :

  • Les financeurs publics : État, collectivités et opérateurs
  • Les acteurs de la finance solidaire et de la finance à impact
  • Les fondations et mécènes

Quelle que soit leur nature et leur taille, les financeurs partagent des enjeux communs autour de l’évaluation de l’impact. Un enjeu externe tout d’abord, les financeurs étant eux-mêmes redevables auprès de leurs parties prenantes des financements qu’ils octroient : épargnants pour la finance solidaire, donateurs et État pour le mécénat, citoyens pour les collectivités publiques. Le recours à l’évaluation peut également servir des enjeux de communication ou de plaidoyer, par exemple pour des fondations soutenant des causes précises.

L’autre intérêt de l’évaluation pour les financeurs est interne. Ils peuvent l’utiliser pour améliorer leur stratégie de financement (octroi de subventions, appels à projets, etc.) et de soutien aux structures. Comprise dans une logique d’amélioration continue, l’évaluation permet aussi d’identifier les conditions de réussites et les axes d’amélioration des projets soutenus.

Personnalisation vs standardisation : un possible compromis ?

En matière d’évaluation, les financeurs font face à une difficulté singulière : proposer à des projets différents une méthode et des indicateurs communs. Cette recherche d’évaluation standardisée est guidée par le besoin de bénéficier d’une vision globale du portefeuille de projets financés et d’établir des outils de décision et de reporting, et de réaliser des comparaisons.

Pour autant, beaucoup de financeurs comprennent l’intérêt d’évaluations plus personnalisées pour les projets. Elles permettent en effet une meilleure compréhension des impacts de ces derniers et offrent davantage de proximité et d’implication pour le financeur. La mobilisation d’outils adaptés aux activités des structures est par ailleurs souvent gage d’une meilleure appropriation et donc d’une évaluation réellement utile au projet.

Tout l’enjeu est donc pour le financeur de trouver l’équilibre entre ses besoins d’indicateurs standardisés et la nécessaire adaptation au contexte de chaque projet.

De la « promesse » à la « mesure »

Quelles sont les approches possibles pour évaluer l’impact de ses financements ?

La première est de se doter d’un outil d’analyse de la valeur d’un projet en amont du financement et de le mettre en cohérence avec l’intentionnalité du financeur (les domaines ou les types de projet qu’il souhaite financer). À ce titre, des initiatives émergent à l’international comme l’impact management project.

Vient ensuite la question de la mesure, notamment la définition d’une méthode et d’indicateurs qui puissent être représentatifs et utiles au projet. A ce stade, trois options complémentaires existent :

  • Utiliser des méthodes et des outils déjà existants,
  • S’inspirer d’outils et démarches adaptées à son contexte,
  • Construire sa propre méthode.

L’absence de standard impose la plupart du temps une approche adaptée au contexte de chaque financeur. Par ailleurs, le choix de la méthode et des indicateurs est crucial et nécessite d’être partagé avec les projets, afin de ne pas faire de l’évaluation un outil de contrôle mais plutôt un outil adapté et proposant suffisamment de souplesse au projet (un nombre d’indicateurs restreints, choisis par la structure, mesurables…). C’est ici notamment que le dialogue financeur-financé s’avère indispensable.

Le niveau de robustesse de la mesure variera en fonction des enjeux du financeur, mais aussi de la maturité et de la temporalité des projets financés. Aller vers trop de complexité s’avérerant plus long et couteux.

Accompagner les projets dans leur évaluation : un enjeu de montée en compétence

L’accompagnement par le financeur est primordial car il est l’acteur qui peut donner aux projets les moyens de s’évaluer et de monter en compétences. Cela peut se traduire par des formations, des ateliers de sensibilisation, l’accompagnement par un expert ou encore par la co-construction d’une démarche et une montée en compétence en miroir entre le financeur et le projet.

Dans tous les cas, une bonne pratique est de réserver une part du financement octroyé aux structures à l’évaluation, celle-ci demandant invariablement du temps et des ressources supplémentaires pour le projet financé.

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