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Comprendre

L'évaluation d'impact social : en France et à l'étranger

Dernière mise à jour : le 14 Mai 2019
En France comme ailleurs l’intérêt pour l’évaluation de l’impact social connaît un réel essor, sous l’effet conjugué de différents facteurs : baisse des fonds publics, exigence croissante des financeurs privés et professionnalisation accrue des structures de l’Économie sociale et solidaire (ESS).

En France

Selon les secteurs et les acteurs, l’évaluation de l’impact social répond à des enjeux différents ; pratiques et compréhension de la mesure d’impact sont également très variables. Un point commun, le sujet est en plein essor. 

Pour les structures d’utilité sociale

Les acteurs de l’ESS appréhendent progressivement l’intérêt que représente l’évaluation d’impact social (recherche de financements, plaidoyer, compréhension des besoins et amélioration de l’action…).  Pour autant des freins subsistent, notamment en termes de moyens et de ressources d’accompagnement, pour pouvoir mener à bien une évaluation.

Pour l’État et les collectivités territoriales

Les administrations et collectivités sortent progressivement de la culture de "l’évaluation-contrôle" pour aller vers une culture de l’impact et des politiques fondées sur la preuve. Une étude de France Stratégie disponible ici fait état des pratiques depuis une vingtaine d’année en France et dans le monde : il en ressort notamment que la France évalue encore peu l’impact de ses politiques publiques et accuse un retard certain en comparaison de ses partenaires. 

Pour les acteurs de la philanthropie

L’évaluation d’impact social représente un enjeu pour les financeurs privés non lucratifs pour mesurer l’impact de leur financements et en rendre compte à leurs donateurs. Investis sur des causes sociétales, les mécènes peuvent également utiliser l’évaluation d’impact pour faire alimenter des actions de plaidoyer ou de recherche. 

Pour les financeurs solidaires

Les nouveaux véhicules financiers promus par la finance solidaire ou « l’impact investing » reposent sur une double exigence : un retour sur investissement financier et un impact social. Si les outils d’évaluation de rendements financiers sont depuis longtemps maîtrisés, pouvoir qualifier la valeur sociale produite reste un enjeu de taille pour la finance solidaire. 

En Europe et dans le monde

Union Européenne

Dans le cadre de sa politique économique et sociale ainsi que de son soutien à l’entrepreneuriat social et de l’innovation sociale, l’Union Européenne s’engage dans l’évaluation de l’impact social des projets qu’elle finance.

L’Acte pour le marché unique II précise que "la Commission développera une méthode pour mesurer les gains socio-économiques que les entreprises sociales produisent. La mise au point d’outils rigoureux et systématiques permettant de mesurer l’impact des entreprises sociales sur la communauté (…) est essentielle pour démontrer que l’argent investi dans celles-ci est source d’économies et de revenus importants."

C’est ainsi qu’un sous-groupe du Geces (Groupe d’experts de l’entrepreneuriat social auprès de la Commission européenne) a rendu, en novembre 2013, un rapport visant à conseiller la Commission dans l’établissement d’outils de mesure d’impact du EuSEF (Fonds d’entrepreneuriat social européen) et du EaSI (Programme pour l’emploi et l’innovation sociale). Ce rapport propose une méthodologie commune, identifie des standards de mesure de l’impact social et propose des orientations et conseils pour leur mise en œuvre.

Initiatives européennes et internationales

Des initiatives de mutualisation d’indicateurs ou d’outils de reporting ont vu le jour en Europe et dans le monde, notamment dans les pays anglo-saxons : 

D’autre part, des réseaux nationaux autour de l’évaluation d’impact social voient le jour. Le réseau Social Value International, dont l’Avise est membre, est le premier réseau international dédié à la mesure d’impact social et met en lien les réseaux nationaux pour faciliter le partage de pratiques et de ressources.