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Comprendre

L'impact social : où en est - on ?

Dernière mise à jour : le 14 Mai 2019
L’évaluation d’impact social est depuis quelques années au centre des réflexions et des préoccupations pour les acteurs de l’ESS, autour de deux grands enjeux : faire la preuve de leur spécificité et de la valeur générée et mettre l’évaluation au service du projet social. Petit éclairage sur la réalité des pratiques.

Des pratiques hétérogènes et des niveaux d’appropriation différents pour les structures

 

Selon le baromètre de la mesure d’impact social, réalisé en 2018 (2ème édition) par le cabinet de conseil et d’audit KPMG, « 53,1% des opérateurs sociaux et 55% des bailleurs de fonds déclarent mener une démarche d’évaluation d’impact social ». Le chiffre dénote d’une réelle prise en main des questions d’évaluation par le secteur de l’ESS.

En réalité, toute structure appréhende plus ou moins son impact social, même de façon informelle. L’étude Expérience de l’évaluation d’impact social, menée par l’Avise avec l’Agence Phare, a ainsi identifié quatre niveaux de pratiques et d’appropriation différents : 
 

Source : Etude Avise - Agence Phare, Expérience de l'évaluation d'impact social, 2017
Source : Etude Avise - Agence Phare, Expérience de l'évaluation d'impact social, 2017
  • 1er niveau : La « validation au ressenti » concerne des structures qui évaluent leur impact en fonction de leur observation sur le terrain, de « l’expérience ». 
  • 2ème niveau : Le « bricolage » concerne des structures qui élaborent des indicateurs dans le but de répondre à des financeurs, souvent dans l’urgence. Elles n’ont pas les ressources pour engager un travail plus approfondi d’évaluation
  • 3ème niveau : ici se situent des structures dont les responsables développent des méthodes formalisées, menées dans le temps long, associant certaines parties prenantes et bénéficiant pour certaines d’un accompagnement.
  • 4ème niveau :  concerne des structures ayant déjà entamé un changement d’échelle, accompagnées par des laboratoires de recherches, elles mettent en œuvre des méthodes considérées comme robustes

L’enjeu du développement d’une culture de l’évaluation de l’impact social pour les structures et les financeurs de l’ESS se situe probablement sur la capacité à dépasser les niveaux 1 et 2 , et à être accompagné vers les niveaux 3 voire 4. Cependant plusieurs freins subsistent. 

Des freins persistants à l’évaluation d’impact

 

Les réticences à l’évaluation tendent à s’estomper, l’intérêt d’une démarche d’évaluation d’impact social est de mieux en mieux intégrée par les structures. 
Le frein « méthodologique » constitue une première barrière à l’entrée, beaucoup de structures ne maîtrisant pas les étapes d’une évaluation, les différentes méthodes possibles et les plus appropriées à leur projet.
Le frein le plus important reste aujourd’hui le manque de moyens, financiers ou humains pour pouvoir mener à bien une étude d’impact. 
Les données du baromètre KPMG confirment cet état des lieux, identifiant comme « principales barrières à l’entrée » : 

  • Le cout de la démarche 
  • La compréhension de ce qu’est la mesure d’impact social
  • La complexité des outils liés à sa mise en œuvre

 

Une diversité de pratiques également observée chez les financeurs 

Utilisation d’outils standardisés, élaboration et suivi d’indicateurs propres, accompagnement voire co construction de méthodes d’évaluation avec les projets financés…  Les pratiques et les compréhensions de ce qu’est l’évaluation d’impact social sont également très variables d’un financeur à un autre, notamment en fonction de la typologie des financeurs : administrations et collectivités, mécènes, financeurs solidaires…