Interview
Difficultés

Se faire accompagner dans un contexte de difficultés : témoignage de la MJC de Sarcelles, accompagnée par le DLA

Publié le 22 décembre 2025 - Mise à jour le 09 janvier 2026
Atelier FNAF l'accompagnement du DLA en contexte de difficultés
La Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Sarcelles a bénéficié d’un accompagnement du Dispositif local d’accompagnement (DLA) dans un contexte de difficultés rencontrées par la structure. Comment le DLA l'a-t-elle accompagnée ? En quoi cet accompagnement a-t-il permis à l’association de surmonter ses difficultés ? Alice Dembele, présidente de la MJC, nous répond dans cette interview !

Quelles sont les activités de votre structure ?

Alice Dembele : La MJC de Sarcelles est une association d’éducation populaire implantée dans un quartier prioritaire de la ville (QPV). Elle constitue un lieu de vie, de rencontre et d’accompagnement. Nous proposons des activités culturelles et artistiques pour les habitants et des actions éducatives à destination des jeunes mais aussi des adultes, comme des cours de langue, de soutien, ou des ateliers d’informatique. Nous sommes en réflexion sur la mise en place de projets d’insertion professionnelle, notamment en coopération avec d’autres structures et associations locales.

 

Nos locaux, mis à disposition par la Ville, nous permettent d’accueillir d’autres associations adhérentes à la MJC – cela permet de créer des liens privilégiés pour monter des projets. 

Vous avez rencontré des difficultés avec votre association. Quelles sont-elles et pourquoi avez-vous fait appel au DLA ?

Alice Dembele : Nous avons repris l’association avec une nouvelle gouvernance nommée le 30 janvier 2025. Je suis alors devenue présidente de l’association. Nous nous sommes rendu compte, le Bureau, les administrateurs et moi, que l’association était en grande difficulté – ce que nous n’avions pas vu en amont. 

 

D’une part, il y avait un sujet autour de la gouvernance : les rôles de nos six salariés (4 ETP environ) n’étaient pas clairement définis. Les process RH étaient peu développés : il n’y avait pas de fiches de poste ni de procédures pour poser des congés, par exemple. 

 

D’autre part, nous avons découvert une situation financière fragile, qui s’est révélée au fil des semaines. La trésorerie apparente était suffisante. Mais nous recevions très régulièrement des mises en recouvrement de la part de plusieurs structures. Nous avons donc identifié qu’il y avait un problème de suivi et de gestion, et que la situation financière de l’association n’était pas stable. 

 

Face à ces constats, nous avons compris qu’il fallait objectiver les choses et faire appel à un regard extérieur. Nous avons échangé avec notre partenaire principal, la Ville de Sarcelles, et c’est la responsable de la vie associative qui nous a orientés vers le Dispositif local d’accompagnement (DLA) que nous ne connaissions pas. 

 

L’appui extérieur du DLA, je le voyais comme la seule chose qui pouvait nous permettre de restructurer l’association et de prendre les bonnes décisions. 

Comment s’est déroulé l’accompagnement du DLA ?

AD : Au début, nous ne connaissions que peu le DLA, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Mais nous savions aussi que, pour nous, c’était essentiel. Aline, notre chargée d’accompagnement DLA (d’Initiactive, qui porte le DLA 95), nous a expliqué comment ça allait se passer. Elle est très bienveillante et elle nous a beaucoup rassurés. Nous nous sommes sentis accompagnés et en confiance.

 

Aline est venue dans notre MJC : elle a rencontré nos salariés et nos administrateurs. Elle a pu leur expliquer comment ça allait se dérouler et les rassurer. À la suite de cette visite, elle a réalisé le diagnostic partagé qui a mis la lumière sur les difficultés que nous rencontrions.   

 

En commençant notre accompagnement DLA, nous voulions travailler sur notre projet associatif. En parallèle de cet accompagnement DLA, nous souhaitions réaliser un audit financier avec un cabinet spécialisé, mais c’était beaucoup trop cher pour nous.

 

C’est la commission DLA, à laquelle nous avons participé après le diagnostic partagé, qui a souligné que la priorité pour notre MJC se situait sur le volet financier. On nous a donc proposé de réorienter l’accompagnement sur le volet financier. 

 

Dans le cadre de notre parcours d’accompagnement DLA, nous avons pu bénéficier d’une analyse de notre situation financière, réalisée par un cabinet de conseil externe, sans frais pour notre association. 

La compréhension des finances de la MJC a permis ensuite de mettre en place des actions, pour lesquelles nous étions toujours accompagnés par le DLA. Nous avons donc pris des mesures pour réduire nos coûts : réduire la masse salariale, et d’autres coûts que nous pouvions éviter. 

 

En somme, l’accompagnement DLA nous a permis de réduire notre déficit. 

Le DLA a été salvateur pour notre association.
Alice Dembele,
présidente de la MJC de Sarcelles

Comment les parties prenantes de votre association ont-elles été impliquées ?

AD : Depuis deux ans, la MJC n’a pas de directeur. Le Bureau et moi faisons office de directeur opérationnel. Ainsi, ce sont les membres du Bureau (présidente, vice-présidente et secrétaire) qui ont été les premières interlocutrices du DLA. 

 

Les administrateurs et salariés ont également été associés à chaque étape. Cela a permis de créer du dialogue, de la transparence et de réaliser que nous avions une vision commune. Le collectif en est ressorti renforcé. Cela a aussi entrainé ceux qui étaient moins impliqués, avec un effet boule de neige : nous avons embarqué petit à petit les moins impliqués.

 

Le DLA a créé des liens : cela nous a permis d’aller voir nos partenaires et parties prenantes. Désormais, nous travaillons main dans la main avec eux pour présager de la suite de l’association, que ce soit la Ville, la Préfecture ou la fédération départementale des MJC du 95. 

En quoi l’accompagnement DLA a permis de répondre à vos difficultés ?

AD : L’accompagnement DLA nous a permis d’avoir une visibilité financière. On ne savait pas où on allait, je n’étais pas sûre au mois de novembre qu’on allait pouvoir tenir en termes de trésorerie. Si on n’avait pas été accompagnés par le DLA, l’association était finie.

 

Le DLA a permis de gérer la priorité – l’analyse financière –, tout en nous permettant de mieux anticiper et structurer la suite. Il nous a permis d’anticiper, au niveau financier, de faire des projections. Grâce à l’accompagnement DLA, nous avons ainsi pu rassurer nos partenaires, en démontrant le sérieux de notre démarche. 

 

L’accompagnement DLA a donné confiance à la Ville de Sarcelles : ils ont vu les efforts que nous avons faits. Grâce à cela, la Ville nous a accordé une subvention de fonctionnement complémentaire sur 2025, ce qui nous permet de consolider notre situation financière. 

 

Aujourd’hui la situation est assainie et plus stable. Le DLA a permis de reconstruire notre MJC sur des bases plus solides. 

La démarche avec le DLA permet de montrer le sérieux d’une structure et de débloquer des financements.
Alice Dembele
présidente de la MJC de Sarcelles

Comment voyez-vous la suite ?

AD : En 2026, notre objectif reste la consolidation de la situation financière de la MJC. 

 

Nous envisageons un nouvel accompagnement DLA, cette fois pour réécrire notre projet associatif. Cela reste un enjeu pour nous, notamment pour diversifier nos sources de financement et voir plus loin pour notre MJC. 

 

Le mot de la fin ? 

J’encourage les entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire que je rencontre à solliciter le DLA. Ça nous a vraiment aidés !

Thématiques

Éducation populaire
Culture

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