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Interview
Stéphanie Dalet, Rues et Cités

L’auto-école sociale et solidaire, un levier d’accès à l’emploi

Stéphanie Dalet, responsable du pôle d’activités emploi, insertion, formation et innovation sociale de Rues et Cités, nous confie le rôle fondamental que joue le permis de conduire dans l’insertion socio-professionnelle des personnes éloignées de l’emploi.
  • Révision du code de la route à l'auto-école Rues et Cités - ©Rues et Cités
    Révision du code de la route à l'auto-école Rues et Cités - ©Rues et Cités

Qu’est-ce qu’une auto-école sociale et solidaire ?

Une auto-école sociale et solidaire est une structure associative qui offre une formation au Permis B à tarif solidaire à un public en insertion rencontrant des difficultés. Elle a pour mission la lutte contre la marginalisation, l’insertion sociale et professionnelle de personnes vulnérables afin de leur permettre de développer leur autonomie et leur mobilité pour faciliter l’accès à l’emploi.  

Pourriez-vous nous présenter votre auto-école sociale et solidaire ?

Notre auto-école sociale et solidaire existe depuis les années 1990, et a été renforcée et développée en 2014. Elle est portée par Rues et Cités, une association de prévention spécialisée située à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Il s’agit d’un organisme de formation homologué Datadock pour la formation au permis B. Nous accueillons 120 élèves par an que nous formons au permis B tout en proposant un accompagnement vers la mobilité et l’emploi. Notre auto-école est un lieu de convivialité où un vrai rapport de confiance se construit entre les élèves et l’équipe du pôle d’activités. 

Notre mission ne se limite pas à la formation des élèves au code et à la conduite. Nous dispensons également un d’accompagnement-conseil à la mobilité et de sensibilisation à la sécurité routière.   

Qui sont vos bénéficiaires et comment les sélectionnez-vous ?

Nos bénéficiaires sont des personnes majeures, pour qui le permis est indispensable pour accéder à l’emploi ou pour finaliser leur projet professionnel. En 2018, notre effectif comprenait 50% d’hommes et 50% de femmes, 50% de jeunes (18-25 ans) et 50% de plus de 25 ans. 

Sont accueillis au sein de notre auto-école associative :

  • Des jeunes déscolarisés, peu diplômés, sortant de prison, etc.
  • Des allocataires du RSA ;
  • Des femmes en grande difficulté ;
  • Des personnes issues des quartiers prioritaires (QPV) ;
  • Personnes aux problématiques d’apprentissage. 

Nous accueillons exclusivement des personnes accompagnées, orientées vers nos dispositifs par un référent, appelé « prescripteur », qui est le garant de la démarche d’insertion socio-professionnelle menée par le candidat. Il s’agit de partenaires territoriaux avec qui nous sommes régulièrement en contact : les Centres communaux d’action social (CCAS), les Missions Locales, les conseillers Pôle Emploi, les assistants sociaux, les chargés d’insertion emploi, la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ou encore des structures de l’insertion par l’activité économique (SIAE). 

L’accès à la formation fait suite à un parcours impliquant et sélectif: le prescripteur oriente le candidat vers notre auto-école sociale en déposant un dossier de candidature. Nous étudions le dossier et vérifions sa recevabilité. Parmi les critères d’éligibilité, nous retiendrons :  

  • Le lien entre leur projet permis et leur projet professionnel ;
  • La démarche d’insertion et de recherche d’emploi du candidat
  • Une évaluation initiale inférieur à 45 heures de conduite ;
  • Des pièces d’identité en cours de validité.

Si le dossier n’est pas recevable, le prescripteur est informé en suivant. S’il est recevable, le candidat est convoqué à une information collective. A cette occasion, chaque candidat présente sa motivation et sa démarche de recherche d’emploi. A l’issue de cette session, la commission pédagogique interne statue sur l’admission ou non du candidat. 

Quel est le parcours d’un bénéficiaire et le temps de parcours moyen ?

La formation proposée a été pensée comme un parcours de redynamisation. De la réalisation du cerfa, aux cours de code et de conduite, le parcours est jalonné d’ateliers collectifs et de temps d’accompagnement individuel. Cette formation dure entre 6 à 8 mois. 

Quelle formation offrez-vous ? En quoi se distingue-t-elle d’une auto-école classique ?

L’équipe de notre auto-école sociale et solidaire est composée d’enseignants de la conduite et de la sécurité routière diplômés, qui dispensent des cours de code et de conduite. En complément, nous proposons un accompagnement personnalisé incluant un éventail d’ateliers collectifs visant à favoriser l’obtention du Permis B mais également l’autonomie et l’accès à l’emploi : 

  • Des cours de code renforcés et corrigés avec un moniteur en présentiel ; 
  • Des groupes de travail adaptés aux besoins de chacun (du renforcement à l’examen blanc) ;
  • Des ateliers « confiance en soi »; « initiation aux numérique », « mobilité »
  • Des ateliers TRE (rédaction de lettre de motivation et de CV).

Quel est le coût de la formation et comment est-elle financée ?

Nos bénéficiaires des dispositifs ont une participation de 400 €, seul les allocataires du RSA ont la gratuité pour cette formation mais le nombre de places est limité. Les places sont financées majoritairement par des institutions publiques : Etat, collectivités, département. 

Quelle est la formation de vos moniteurs ?

Nos enseignants de la conduite et de la sécurité routière ont les mêmes diplômes que les enseignants des auto-écoles classiques. Mais ils doivent également être dotés de qualité d’écoute pour accompagner au mieux le public accueilli. 

Quel est le taux de réussite de votre auto-école ?

En ce qui concerne le code, en 2017 et 2018, nous comptons 80% de réussite et 50% de nos candidats l’obtiennent dès la première tentative. Au permis B, en 2017, nous avons eu un taux de réussite de 56%, . En 2018, sur 56 personnes présentées, 42 ont réussi, soit un taux de réussite à 75%. Ces taux de réussite sont très satisfaisants.

Qu’aimez-vous le plus dans votre quotidien ?

J’apprécie particulièrement le contact direct avec nos stagiaires et les échanges permanents de notre équipe pour identifier les besoins et proposer un accompagnement sur mesure. 
Ce que j’apprécie également dans mon quotidien, c’est d’être le témoin de ce levier exceptionnel d’insertion professionnelle et d’empowerment que représente le permis de conduire. Il permet l’accès à l’emploi, la redynamisation et l’insertion. 

Quels sont les défis que doit surmonter votre auto-école ?

Nous sommes victime de notre succès et recevons de très nombreuses candidatures (près de 300 en 2018 soit 50% de plus qu’en 2017), soit plus que le nombre de places ouvertes sur une année.  
Nous développons un accompagnement-conseil à la mobilité pour réorienter au mieux les candidats que nous ne pouvons pas accueillir. 

Quelles ambitions avez-vous pour le futur ?

Nous souhaitons développer notre offre de formation, diversifier nos activités, afin de continuer à proposer un accompagnement global et sur mesure qui répond aux besoins de nos stagiaires. En 2019, le recrutement d’un chargé d’insertion socio professionnelle nous permettra de renforcer l’accompagnement pour le retour à l’emploi.  

Un mot de conclusion ?

Il y a toujours des solutions de mobilité à trouver ! 
 

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