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Interview
Occitanie

Marie Meunier-Polge, Conseillère régionale déléguée à l'ESS à propos du Plan ESS 2018-2021

La Région Occitanie organisait les 26 et 27 juin 2018 à Toulouse et Montpellier deux journées de concertation autour d’un Plan régional de l’ESS 2018-2021. Quels axes prioritaires ? Quels enjeux ?

Quel est le contexte autour de ce Plan ESS 2018-2021 ?

Il faut commencer par souligner que nous sommes une nouvelle grande Région (de près de 6 millions d’habitants), et dans ce cadre-là, l’organisation de nos projets se doit d’assortir et d’articuler les politiques territoriales sur les deux ex-grands territoires. Une partie de ce Plan vise donc à faire en sorte que les deux ex-régions se pollinisent. 

Ce Plan a été proposé à contribution à travers ces journées de concertation, afin de partager avec nos partenaires nos propositions dans une démarche de démocratie participative. Les contributions pourront être faites jusqu’au 13 juillet et nous le soumettrons au vote lors de la prochaine Assemblée plénière en octobre-novembre 2018.

Quels sont les axes principaux prévus ?

Parmi les 7 axes, il y a :

  • Faire connaître et reconnaître l’ESS sur le territoire, et notamment dans les territoires ruraux. Midi-Pyrénées a apporté de nouvelles dimensions à ce titre.
  • Développer l’accompagnement pour les nouveaux projets d’entreprises de l’ESS et aider les autres à accélérer rapidement. 
  • Coordonner le développement de l’ESS sur tout le territoire.
  • Faire rayonner le savoir-faire de l’ESS, sur le territoire et au-delà, de la même manière que nous nous enrichissons des expériences que nous trouvons ailleurs en France et à l’étranger dans le cadre de la coopération. 
  • Former les salariés et les cadres de l’ESS. C’est un secteur qui manque souvent de cadres formés, en termes de gestion financière etc. et nous appuyons et appuierons les formations, organismes et université pour renforcer ce volet. 
  • Déployer l’apprentissage et l’alternance dans les entreprises de l’ESS. 
  • Etc. 

Vous prévoyez également le déploiement de certains dispositifs sur d’autres territoires ?

Effectivement, sur le volet sensibilisation, la Yess Académie créée sur le territoire Est d’Occitanie et qui a permis de dénicher plusieurs projets se déploiera sur l’Ouest du territoire. Nous allons également dupliquer la pépinière Réalis dans le territoire toulousain. Nous devrons bien évidemment nous articuler avec la Métropole qui travaille beaucoup sur l’ESS, il serait intéressant que nous trouvions les moyens de faire ensemble, au-delà du fait d’avoir chacun une partition de responsabilités. Enfin, nous allons aussi déployer Alter’Venture porté par l’Urscop, dont nous voterons les financements prochainement. 

Quels ont été les retours lors de ces consultations, des volets ont-ils semblé manquer ?

Deux thématiques principales sont revenues lors de ces consultations, à savoir la question des marchés publics et celle de la création d’un fonds financier de l’ESS. 

Sur la question du financement, nous avons également évoqué d’autres sujets comme la valorisation du fonds de garantie, la consolidation du capital-risque ou l’organisation de rencontres sur les territoires. Nous observons en effet que de nombreuses structures de l’ESS ne connaissent pas les soutiens financiers régionaux dont elles pourraient bénéficier. Sur ce volet, les structures ignorent aussi souvent la force qu’elles pourraient tirer en s’associant à d’autres acteurs : les PTCE sont un modèle à davantage développer.

Vous avez évoqué les territoires ruraux : comment adressez-vous ce sujet en Occitanie ? 

De nombreuses entreprises sont implantées en milieu rural, et il faut évidemment éviter que le rural se désertifie. L’ESS peut, là où les services publics reculent, créer du lien social et redynamiser à travers le retour de services, de commerces, puis d’écoles, etc.  L’ESS est une économie qui crée de l’emploi et en perd très peu, c’est pour cela que nous souhaitons déployer nos outils sur ce champ. 

La Région Occitanie met en place de manière plus générale des Maisons de la Région (la 18ème est à naître prochainement), et ces Maisons nous servirons de relai pour rencontrer la population et les projets économiques. L’ESS faisant partie intégrante du territoire, nous devons adapter nos dispositifs aux besoins de ces territoires, et c’est ce que nous essayons de faire. 

Enfin, il nous faudrait mieux travailler avec les communautés de communes, et avec les départements. Même s’ils n’ont plus la compétence économique, il y a nécessité à déployer des soutiens notamment auprès des entreprises d’insertion qui sont des entreprises avant tout.

Le prochain Congrès Régions de France portera sur l’Europe, un mot sur vos actions et collaborations à échelle européenne ?

L’Union européenne avait apporté 3 millions d’euros pour la pépinière Réalis. Des fonds particuliers ont été votés par l’UE pour aider les grandes Régions sur la thématique de l’innovation sociale, et de nombreuses collaborations spécifiques sont en place. La seule chose que je regrette est que l’UE ne vienne pas vraiment à nous, c'est nous qui devons aller à sa rencontre.

Le second point important est celui d’irriguer l’ESS au-delà des frontières d’Occitanie et nous avons mutuellement des choses à nous apporter, notamment du côté méditerranéen. La Tunisie et le Maroc ont un secteur artisanal très fort ; les coopératives italiennes sont intéressantes ; la Catalogne est le pays coopératif par excellence. La force qu’on aura découlera de ce qu’on puise dans les autres territoires d’Europe : nous devons aller chercher les femmes et les hommes, les idées et les moyens pour construire des projets ensemble. 

Pour conclure, quels sont les deux-trois défis prioritaires au regard de votre expérience de près de 15 ans à cette fonction ?

Notre défi principal aujourd’hui est la grande Région Occitanie : il faut la construire positivement, et nous sommes confiants car nos partenaires sont présents, mais c’est néanmoins complexe de gérer un territoire s’étendant des confins du Gard jusque dans le Lot. Nous nous apercevons que les besoins et les demandes sont différents d’un territoire à l’autre, et il y a évidemment une acculturation à l’ESS nécessaire afin de construire de l’unité et faire polliniser les projets. 

L’autre défi est celui de la création d’emplois dans l’ESS, même si l’ESS n’est pas une économie de la réparation. C’est une question prioritaire face aux taux de chômage que nous rencontrons. Nous devons travailler avec les communautés de communes, les petites villes qui ont des besoins énormes, et transformer ces besoins en projets d’entreprises. Enfin, la formation des entrepreneurs est aussi importante, car nous avons des projets mais parfois ni homme ni femme pour les reprendre. 

En partenariat avec

Logos Régions de France et Caisse des Dépôts
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