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ENJEUX

10 défis pour l’éducation d’aujourd’hui

Dernière mise à jour : le 10 Septembre 2019
Inégalités sociales et migratoires, égalité filles – garçons, vivre ensemble et citoyenneté… Quels sont les défis à relever pour les établissements scolaires et les équipes éducatives ? Quelles sont les problématiques auxquelles les partenaires associatifs peuvent chercher à répondre en complément du système scolaire, à l’école ou hors les murs ? Chiffres clés sur 10 enjeux essentiels pour l’éducation des jeunes générations.

1. Inégalités sociales à l’école

20% de la réussite scolaire imputable au milieu socio-économique

L’enquête PISA 2015 confirme le haut niveau des inégalités sociales au sein de l’école française.

La corrélation des performances avec le milieu socio-économique est de 20% en France, contre 13% en moyenne dans l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). L'origine socio-économique conditionne la réussite scolaire à plus de 20% dans seulement 7 pays des 65 du classement PISA.

2. Inégalités migratoires à l’école

62 points d’écart de performance en sciences entre les élèves non immigrés et ceux issus de l’immigration

Selon l’enquête PISA 2015, l’écart de performance en sciences entre les élèves non immigrés et les élèves issus de l’immigration en France dépasse l’écart moyen de l’ensemble des pays de l’OCDE. Le score des élèves issus de l’immigration est inférieur de 62 points à celui des élèves non immigrés (dont le score moyen est de 500 points). La moyenne dans l’OCDE est de 43 points.

3. Égalité filles - garçons

41,3% des élèves de terminales scientifiques sont des filles

D’après le Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, la proportion de bachelières dans une génération s’élève à 83,9%, celle des bacheliers à 73,9%, soit un écart de 10 points en faveur des filles. Les filles redoublent moins et leur taux de réussite au diplôme national du brevet et au baccalauréat est plus élevé. Pour autant, elles sont moins nombreuses en proportion à s’orienter vers les filières scientifiques. En 2016, 41,3% des élèves en terminale scientifique sont des filles (en 1994, elles représentaient 33% d’entre eux).

4. Décrochage scolaire

808 000 jeunes sortent de formation initiale sans diplôme

D’après le Ministère de l’Education nationale, si le nombre de jeunes sortant de formation initiale sans diplôme reste important en 2017, il baisse de manière continue : il est passé de 140 000 en 2010 (soit 12,6% d’une génération), à 98 000 en 2016.

Néanmoins, le décrochage scolaire reste un enjeu majeur de la prévention de la pauvreté car la scolarisation et la validation de diplôme sont des facteurs qui protègent de la pauvreté.

5. Handicap : une école inclusive ?

340 000 élèves en situation de handicap scolarisés

À la rentrée 2018, plus de 340 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés dans les écoles et établissements relevant du Ministère de l'Éducation nationale. C’est 20 000 élèves de plus qu’en 2017 et cette croissance est constante depuis de nombreuses années...

Sans remettre en question ces chiffres, l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis), qui regroupe plus de 55 000 familles ayant un enfant porteur d'un handicap mental, rappelait les limites des dispositifs existants dans une lettre ouverte adressée aux députés et sénateurs : des élèves sont maintenus dans des dispositifs inadaptés, les listes d’attentes dans l’enseignement spécialisé s’allongent, de nombreux élèves ne bénéficient pas de l’accompagnement d’une auxiliaire de vie scolaire…

6. Lutte contre l’illettrisme

7% de français en situation d’illettrisme

D’après l’Agence de lutte contre l’illettrisme (ANLI), 7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme en 2011, soit 2,5 millions en métropole (contre 9% en 2004, soit 3,1 millions).

La moitié de ces personnes vivent en milieu rural.

7. Vivre ensemble et citoyenneté

Seulement 20% des jeunes connaissent leur rôle en tant que citoyen

D’après le Cnesco, avec 12 années d’enseignement spécifique, la France est le pays européen qui propose l’enseignement spécifique le plus long sur les enjeux du vivre ensemble et de la citoyenneté, avec douze années de cours dédiés à l’éducation civique.

Toutefois, cet enseignement ne suffit pas. Les jeunes Français (entre 18 et 24 ans) sont seulement 20% à considérer qu’ils connaissent leur rôle en tant que citoyens.

8. Transmission des valeurs de solidarité, coopération et respect

13 000 élèves engagés de la maternelle au lycée lors de la semaine de l’ESS à l’école

La transmission de ces valeurs passe notamment par la sensibilisation des élèves à l’Économie sociale et solidaire (ESS). Dans leur « Manifeste pour l’Éducation à l’ESS », les associations membres de l’Économie sociale partenaire de l'école de la république (ESPER) rappellent l’importance de découvrir l’entrepreneuriat collectif dès l’école et de faire vivre, en classe, les valeurs de l’ESS : la citoyenneté, la coopération, la démocratie, la solidarité…

9. Évolution des méthodes pédagogiques 

157 nouvelles écoles indépendantes ont ouvert leurs portes à la rentrée 2018

L’annuaire des écoles libres recense aujourd’hui près de 1400 établissements des 1er et 2nd degrés. Parmi les 157 nouvelles écoles indépendantes, 33% sont des écoles dites “démocratiques”, 18% sont des écoles Montessori, 16% sont des écoles qui proposent d’autres pédagogies actives.

Dans l’Éducation nationale, les pouvoirs publics reconnaissent l’impact positif des pratiques pédagogiques actives, notamment en encourageant la classe inversée. La Commission européenne, elle-même, définit comme enjeu stratégique pour l'éducation le développement de « méthodes d'apprentissage personnalisées, participatives et coopératives », au travers de sa Stratégie en faveur de la jeunesse pour la période 2019-2027.

10. Réorientation de l’éducation prioritaire

Un écart de niveau de 20 à 30% perdure entre les élèves en éducation prioritaire et les autres

Depuis 2006, l’objectif de la politique d’éducation prioritaire est de réduire à moins de 10% les écarts de niveau entre les élèves qu’elle scolarise et les autres. Si, à l’origine, 8% des écoliers - et 10% des collégiens - étaient concernés par l’éducation prioritaire, aujourd’hui plus de 20% des élèves sont dans l’un des 6000 établissements primaires d’éducation prioritaire (REP ou REP+).

Malgré 1,6 milliards d’euros investis en 2017, le rapport d’évaluation de la Cour des comptes constate que « l’éducation prioritaire n’a pas réussi à réduire les différences de résultats scolaires entre les élèves qu’elle scolarise et les autres » et suggère une rénovation importante de la politique de différenciation.

>> Pour aller plus loin, consultez les cibles de l'objectif de développement durable n°4 - Éducation, définies par l'ONU.