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DÉCRYPTAGE

ESS et culture : de quoi parle-t-on ?

Mis à jour le 6 Juin 2022
Comment définir la culture ? Quels secteurs recouvre-t-elle ? Combien de travailleurs et de bénévoles s'y investissent ? Dans cet ensemble, quelle place l'ESS occupe-t-elle ? Dans quels domaines les associations employeuses sont-elles les plus présentes ? Éclairages.

Le secteur culturel : contours et spécificités

« La culture est ce que nous sommes et ce qui façonne notre identité. Aucun développement ne peut être durable sans inclure la culture », peut-on lire sur le site de l’Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la science et la culture (UNESCO). Cet organisme international s'attache à promouvoir la culture, notamment de façon transversale au travers des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, alors que la diversité culturelle a été reconnue dès 2005 comme un ressort fondamental du développement durable dans la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, issue de la Conférence générale de l’UNESCO.    

Entreprendre dans la culture, c'est avoir affaire à des modes de production et de consommation particuliers, à des biens uniques (un tableau, un concert…) ou singuliers (un livre, un film…) qui sont liés à un processus de création. Toute création culturelle entraîne pour son initiateur une « incertitude radicale » sur la façon dont son projet sera reçu par le public, selon l'économiste Françoise Benhamou. Cette dernière, spécialiste de l'économie de la culture et des médias, distingue deux sous-ensembles dans la culture : les biens uniques ou exceptionnels (le patrimoine, les beaux-arts, le spectacle vivant) et les biens reproductibles, c'est-à-dire les industries culturelles (l'édition de livres, la musique enregistrée, le cinéma, les jeux vidéo ).

>> Pour en savoir plus, découvrez le MOOC « Entreprendre dans les Industries Culturelles à l'ère du numérique », proposé par l'École d'affaires publiques de Sciences Po et le Ministère de la Culture.

Le périmètre du secteur de la culture peut être défini de différentes façons : 

  • À partir des branches professionnelles : le spectacle vivant, le livre, les arts visuels, l'architecture, le patrimoine, la presse, l'audiovisuel et l'enseignement culturel. À ces dernières, le ministère de la Culture ajoute les agences de publicité. Le total de ces neuf branches a généré 46,1 millards d'euros en 2020, selon le Département des études, de la prospective et des statistiques (Deps) du ministère de la Culture. 

  • À partir de ceux qui y travaillent : toujours selon le Deps, 720 700 personnes en 2019 (soit 2,7% de la population active), dont 31% sont des non-salariés. Ces actifs travaillent d'abord dans le secteur audiovisuel (16%),  suivi de près par le spectacle vivant (15 %) et les arts visuels (15 %). À ces professionnels, il faut ajouter l'ensemble des bénévoles qui s'investissent, à différents titres, dans le domaine culturel : environ 7 millions de participations bénévoles en 2017 selon Le paysage associatif français en 2019, étude réalisée par le Centre d’économie de la Sorbonne. 

  • À partir des entreprises : 149 069 entreprises culturelles dites « marchandes »  (hors micro-entrepreneurs) en 2018, dont 30% ayant au moins 1 salarié ; 1,5 million associations en 2017, dont 23 % relèvent des domaines de la culture, des spectacles et des activités artistiques, dont 43 500 associations employeuses (soit 16% de l'ensemble) en 2013 et environ 10% du total des sociétés coopératives en France. 

>> Pour en savoir plus, découvrez la publication Culture et ESS : voies d'action pour développer l'économie culturelle sociale et solidaire, réalisée en 2020 le Labo de l’ESS avec le soutien de la Fondation Crédit Coopératif
>> Découvrez également le dossier thématique ESS & culture réalisé par l'Avise

Entreprises culturelles et ESS : quelques repères

Le secteur culturel est caractérisé par une grande diversité de domaines, professions, statuts et cultures artistiques et professionnelles spécifiques. Alors qu'une partie importante de la culture relève de l'économie sociale et solidaire (ESS), les univers de la culture et de l'ESS apprennent encore à se connaître. Des associations telles qu’Opale (Centre de ressources culture du Dispositif local d’accompagnement) travaillent à leur rapprochement. 

Pour qualifier les activités culturelles, le ministère de la Culture s'appuie sur une distinction entre marchand et non marchand : « la production de biens et de services bénéficiant de l’apport de dépenses publiques et commercialisée à un prix représentant moins de 50% des coûts de production est non marchande ». Le volet non-marchand, qui inclut le tout public, représente 19% de la production culturelle totale, avec des variations très sensibles selon les secteurs. Certains secteurs sont majoritairement non marchands : le patrimoine (95%), l'enseignement (87%) et le spectacle vivant (64%). 

Répartition de la production des branches culturelles en 2020
Répartition de la production des branches culturelles en 2020
Répartition de la production des branches culturelles en 2020

Les associations culturelles employeuses représentent près du quart des associations employeuses tous secteurs confondus. 83 % des emplois culturels associatifs sont localisés dans des structures de moins de 50 salariés et 44 %, dans des structures de moins de 10 salariés.