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Témoignage

I Wheel Share et Mmmh, accompagnés pour se lancer dans le numérique

Dernière mise à jour : le 2 Juillet 2018
Difficile de trouver des points communs entre les projets « Tech for good » tant les réalités du numérique sont différentes. Pourtant, ils ont tous besoins d’un accompagnement personnalisé et spécifique. Rencontre avec deux entrepreneurs qui ont bénéficié d’un accompagnement par des acteurs de l’entrepreneuriat social : Hugo, co-fondateur de Mmmh (qui se prononce « avec le sourire ») et Audrey, fondatrice et dirigeante de I Wheel Share.

Des chatbots pour répondre à un besoin sociétal

« Quand mon frère Lucas est devenu paraplégique à la suite d’un accident, on a réalisé les difficultés d’accessibilité auxquelles il était confronté. » raconte Audrey. La prise de parole au sujet du handicap était très éparse. Avec I Wheel Share, elle a utilisé le numérique pour créer un outil de partage pour les personnes en situation de handicap : « Il fallait un outil qui centralise les retours d’expériences, les coordonnées GPS… ». Après avoir développé une application mobile recensant des bons plans pour les personnes en situation de handicap (sortie en mars 2016), la jeune entreprise lance un chatbot sur Facebook Messenger appelé Wilson, « le nouveau majordome des bons plans handicap ». Se développant de plus en plus sur ce réseau social, les chatbots sont des robots logiciels pouvant dialoguer avec un individu par le biais d’un service de conversations automatisées.

Wilson et Mmmh
Wilson et Mmmh

De son côté, Hugo a toujours été motivé par le domaine de l’alimentation. « Je ne sais pas exactement d’où ça vient mais j’ai toujours eu conscience que bien manger est une chose essentielle pour être en bonne santé. J’ai beaucoup été au contact de producteurs dans mon Sud natal et je m’en sens plus éloigné depuis que je suis en région parisienne. ». En rencontrant son associé Maxime, ils ont tous les deux envie d’entreprendre autour de cette thématique : « On avait envie de créer un supermarché du bien-manger mais il y a déjà beaucoup de choses sur le marché. Ce qu’il manquait c’était plutôt un conseiller dans la poche des gens. ». De fil en aiguilles, ils créent Mmmh, un chatbot également disponible gratuitement sur Messenger, qui propose des recettes saines et de saison.

Un parcours d’accompagnement indispensable

Pour Hugo « c’est impossible de mener une boite primo-entrepreneur sans accompagnement. Un entrepreneur qui ne sait pas s’entourer n’aura aucune chance de succès. C’est vraiment important de trouver des personnes de confiance et de bons conseils. ». Un constat que partage également Audrey : « Je n’avais absolument pas toutes les compétences pour créer I Wheel Share » ; il a fallu qu’elle se forme, notamment au développement web grâce à Simplon. Aujourd’hui grâce à toutes ces expériences d’accompagnement elle se juge « capable d’aller chercher les ressources ». « Avant j’avais du mal à identifier les besoins, maintenant c’est plus facile. ».

I Wheel Share : les incubateurs, des écosystèmes de rencontres de pairs à pairs

En 2014, après avoir reçu le prix « Ma première entreprise » du réseau Biilink et intégré la première promotion de Simplon, Audrey rencontre MakeSense. I Wheel Share rejoint rapidement la communauté SenseCube. L’accompagnement dure 6 mois et permet à l’équipe de suivre des formations collectives et personnalisées. « La belle découverte de cet accompagnement a été l’intégration au sein d’un écosystème, l’aspect promotion crée une communauté solidaire. ». Aujourd’hui, I Wheel Share est toujours en lien avec quelques porteurs de projets de la promotion. Audrey précise : « Durant l’accompagnement par le SenseCube, notre application n’était pas sortie. En revanche nous avons créé un embryon de communauté et on a pu être un peu visible dans la presse. ».

Après MakeSense, Audrey et l’équipe d’I Wheel Share ont bénéficié de différentes expériences d’accompagnement avec La Ruche, le Comptoir de l’innovation (aujourd’hui INCO) et Paris Pionnières. Pour Audrey, Paris Pionnières met à disposition « un beau réseau d’experts impliqués. Au sein de la promotion il y a aussi beaucoup d’énergie. Et puis en tant que femme entrepreneure être dans un incubateur essentiellement féminin, c’est agréable. Face aux porteurs de projets hommes on est souvent isolé. ».

Outre les incubateurs, I Wheel Share a intégré le Réseau Entreprendre 93 « qui nous a fait un prêt d’honneur et nous a fait rencontrer des mentors. Aujourd’hui, nous avons des partenaires privés, ce sont nos business Angel et ils sont très investis dans notre projet. ». La grande rencontre des entrepreneurs du monde francophone, organisée en mars 2017 a donné la possibilité à plusieurs start-ups – dont I Wheel Share – de s’unir pour créer le Réseau International des entrepreneurs Francophones (RIF). Ce réseau met à disposition des ressources, des outils en open access. Par exemple, si un des projets veut s’installer dans un autre pays, les membres du RIF qui y sont déjà présents l’aideront.

Mmmh, accompagné par le programme Digital Impact de La Ruche

En février 2017, Mmmh a gagné le Digital Impact, un concours organisé par La Ruche. Depuis, ils suivent un programme d’accompagnement et ont également des bureaux mis à disposition. Margaux Cosnier, co-directrice de La Ruche explique : « Cet appel à projets est dédié aux Tech for Good, l’idée est de promouvoir le numérique et la tech comme un levier d’impact social. Pour l’année 2018, Digital Impact est devenu Les Ambitieuses et s’adresse à des projets portés par des femmes. ».

Le programme d’accompagnement de La Ruche est à la fois individuel et collectif. Pour Margaux, « Le suivi individuel des projets permet aux entrepreneurs de poursuivre des objectifs précis. A cela s’ajoute du mentoring pour prendre un peu de hauteur sur les start-ups. ». « Nous voyons notre mentor tous les mois » précise Hugo. Cet accompagnement permet de « déverser toutes nos problématiques en toute confiance. Dans le monde des start-ups, on est tous un peu atteint du syndrome de l’imposteur qui pousse à dire que ça va alors que ça ne va pas si bien que ça. Nos échanges avec ce mentor permettent de nous mettre face aux réalités et de nous poser les bonnes questions. ».

Margaux détaille le programme des six journées d’accompagnement collectif : « Il y a d’abord un diagnostic collectif pour voir quels sont les enjeux partagés par toute la promo. Nous définissons ensuite un calendrier de formation en gestion de projets, négociation, mesure d’impact… ». Avec cet appel à projets Tech for Good, le programme est plus tourné vers le numérique « même s’il n’y a pas spécialement d’appui sur la technologie. Nous ne donnons pas de cours de développement web par exemple ».
La Ruche propose également des partenariats avec différents acteurs du numérique : grands groupes, écoles ou encore association. « Orange et Microsoft sont des partenaires de La Ruche » explique Margaux « mais nous mobilisons d’autres partenaires du réseau comme le Wagon, la Netsquad ou encore une agence de recrutement de développeurs afin de faciliter les mises en relation ». Pour Hugo, faire partie de l’écosystème de La Ruche c’est aussi profiter de « mentors informels. Il y a 5 ou 6 personnes que nous voyons régulièrement pour échanger sur certaines problématiques et beaucoup de ces mises en relation ont été faites par La Ruche. ».

Des enjeux numériques et économiques

En décembre 2017, I Wheel Share décide d’aller plus loin et de travailler avec tous les réseaux déjà en place qui collectent et agrègent de l’information. « On a décidé de valoriser ces initiatives et de les consolider en lançant notre chatbot Wilson. On sert de vitrine, on redirige vers nos partenaires. ». La position d’I Wheel Share est originale car elle met aussi en avant l’accessibilité à une base de données, qui pour Audrey est un « bien commun ».
« On souhaite aussi s’internationaliser. Wilson doit devenir présent sur tous les sites de tourisme, il doit permettre de se décharger mentalement. » déclare la jeune dirigeante. Un travail de longue haleine pour cette jeune entreprise qui, quatre ans après sa naissance, trouve enfin son modèle économique.

Plus jeune, l’entreprise Mmmh a des enjeux très concret autour du numérique : « Ce serait super de dupliquer notre chatbot sur d’autres plateformes pour proposer notre service au plus grand nombre. » explique Hugo. « On souhaite également personnaliser les réponses en fonction des régimes alimentaires de nos utilisateurs. On est aussi en contact avec une grande entreprise des télécoms pour intégrer le service dans un futur robot / enceinte intelligente. »

Aujourd’hui, Mmmh propose un service gratuit pour ses utilisateurs.  « Nous avions testé un service premium mais le succès n’a pas été au rendez-vous. Nous sommes en train de construire un nouveau modèle économique basé sur des partenariats avec d’autres start-ups de l’alimentation durable. » La finalité de Mmmh est avant tout centré sur la santé et le bien-être de chacun « notre finalité n’est pas financière, on souhaite apporter des solutions afin que le plus grand nombre bénéficie d’une alimentation saine et de qualité. » conclue Hugo.