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Interview
Tiers-lieu rural

Un tiers-lieu numérique au cœur d’un village : l’alliance du TAg22 et de Moncontour

A l’occasion du Forum de la Ville de demain organisé les 5 et 6 février 2020 derniers par le Ministère de la transition écologique et solidaire et l'Agence nationale de cohésion des territoires, l’Avise a organisé un atelier autour de l’économie sociale et solidaire dans les territoires ruraux. Retour sur le projet #ChezYvonne, tiers-lieu numérique impulsé par la Fabrique à initiatives en expérimentation portée par le TAg22.
  • #ChezYvonne, tiers-lieu numérique à Moncontour (22)
    #ChezYvonne, tiers-lieu numérique à Moncontour (22)

Qu’est-ce que le projet #ChezYvonne ?

Mathilde Lebreton, chargée de mission Emergence du TAg22 : #ChezYvonne est un tiers-lieu numérique en pays de Moncontour (22), qui vise à offrir des réponses aux personnes les plus éloignées du numérique et en particulier les personnes vieillissantes : mise à disposition de matériel informatique, accompagnement aux usages par des jeux et par des ateliers d’initiation aux outils, accompagnement à la e-administration, repair café…

#ChezYvonne c’est aussi un espace de coworking, de formation et d’accompagnement des entreprises à la transition numérique.

Ces activités sont proposées dans le tiers-lieu, en centre-bourg de Moncontour mais aussi hors les murs, dans des lieux de vie et des structures : associations, EHPAD, écoles... A terme, nous souhaitons qu’il y ait de véritables interactions et passerelles entre les différents publics (habitants, travailleurs, entreprises).
Les actions prennent forme depuis janvier 2020, après 2 ans de réflexion et d’étude. Elles sont portées par une association multipartenariale qui a vocation à se transformer en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)

D’où est parti ce projet ?

André Fourchon, maire de Moncontour : Avec l'appui d'un habitant de Moncontour, directeur d'une association d'économie sociale et solidaire (Rich'ess) et d'un entrepreneur du numérique amoureux de la cité (il y a installé son entreprise, communiquant ainsi avec le monde entier via internet) nous avons lancé le projet Moncontour Cité Connectée (MC2). A travers ce projet, la municipalité a souhaité affirmer un positionnement dynamique au plan touristique, mais aussi numérique et social, au service de l'une des problématiques les plus importantes des années à venir : le bien-être des personnes âgées. Puis nous avons eu connaissance d'un appel à projets de la Région sur la redynamisation des centre-bourgs auquel nous avons répondu et obtenu une aide pour faire une étude d'opportunité.

A partir de là est parti le projet MC2 : aménager un bâtiment communal vacant pour créer des espaces dédiés aux nouvelles technologies. Compte-tenu des faibles capacités d'autofinancement de la commune, il fut décidé de faire un test de faisabilité en aménageant trois salles disponibles au rez-de-chaussée de la mairie. Une fois l'étude terminée l'opération "Chez Yvonne", en remplacement de MC2, a été lancée.

Qui est Yvonne ?

Yvonne Poilbout, moncontouraise de 83 ans a donné son prénom au projet. Symbole d’une génération qui a vécu de nombreux changements technologiques, Yvonne est équipée d’un téléphone portable et a installé une box internet début 2019 (sur conseils de ses proches) pour mieux réceptionner la télévision. Aujourd’hui, elle a fait l’acquisition d’une tablette et se forme pour « faire des jeux et communiquer par l’image avec ma famille ». « Je suis contente d’être capable d’utiliser cette technologie. Il faut savoir se mettre au goût du jour et puis c’est pratique ! ». Aujourd’hui c’est Yvonne qui incite ses copines à pratiquer.

Quel a été le rôle de TAg22 et du pôle Rich’ESS dans ce projet ?

Mathilde Lebreton : Le TAg22 et le pôle ESS du pays de st-Brieuc ont accompagné la Mairie de Moncontour, notamment dans le cadre du Révélateur de projets de type Fabrique à initiatives, en menant une étude d’opportunité puis en accompagnant le lancement de l’association porteuse et son démarrage d’activité.

C’est un processus qui s’est voulu participatif notamment avec les habitants. Par exemple, nous avons proposé aux travailleurs des journées de co-working « sauvage » et aux habitants les plus éloignés du numérique des ateliers numériques : Dossier Médical Partagé, généalogie numérique, bonnes pratiques pour naviguer en toute sécurité… A travers ces tests d’activités nous avons pu « faire avec » les usagers mais aussi observer et analyser leurs besoins.
Pendant l’étude, nous avons aussi réuni des partenaires du secteur public et privé venant de champs d’activité très divers (social, numérique, entrepreneurial…). C’est bien ce mélange d’acteurs qui a permis de faire émerger un projet économique socialement innovant et qui permet d’avoir aujourd’hui un projet multipartenarial.

Une de nos missions a été de d’aboutir à un scénario économique comprenant une offre de services, des préconisations d’organisation et de gouvernance. Nous avons aussi construit le modèle économique en travaillant sur les sources de revenus (prestations et aides financières publiques et privées).

Quelle a été la plus-value de l’accompagnement apporté par le TAg22 du Pôle Rich'ESS ?

André Fourchon : Le pôle Rich'ess a dans un premier temps apporté ses connaissances et expériences de l'économie sociale et solidaire pour aborder des projets sous un angle et des pratiques différentes de l'économie de marché. Ensuite dans la phase étude d'opportunité, le pôle, ayant la charge de mener les études et les enquêtes, a ciblé des publics que nous n'aurions vraisemblablement pas sollicités et avec des questionnements différents.

Vous avez évoqué la nécessité de mieux sensibiliser les élus à ce qu’est l’ESS, pouvez-vous expliquer ?

André Fourchon : Sensibiliser n'est peut-être pas le bon terme, ce serait plutôt expliquer. Encore aujourd'hui, malgré l'expérience menée, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris ce qu'était l'économie social et solidaire et surtout ce qu'elle était capable d'apporter. Autant dans la façon de cibler les publics dans un esprit ESS cela me semble être effectivement une démarche bien spécifique, autant dans la mise en œuvre du projet cela me parait nettement moins évident. J’ai le sentiment d'avoir porté un projet tout à fait classique.

Quels sont les besoins les plus fréquents des collectivités vis-à-vis des projets de l’ESS quand ils vous contactent ?

Mathilde Lebreton : Certaines collectivités rurales nous sollicitent pour repenser la vocation économique et sociale de lieux à réhabiliter en centre-bourg (ancien bar, ancienne école, ancien presbytère…). L’objectif étant de (re)créer du lien social dans le village tout en créant une nouvelle activité économique répondant à un besoin social, qu’il soit alimentaire, numérique ou encore culturel.
Nous sommes également sollicités par les collectivités pour construire des filières d’économie circulaire. Par exemple, autour du gaspillage alimentaire ou encore des produits de la mer.

>> En savoir plus à travers une vidéo du projet
 

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