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Décryptage

Santé : définition et éclairages

Mis à jour le 3 Mars 2020
Comment définir la santé ? Se limite-t-elle à l’absence de maladie ? Quels facteurs déterminent l’état de santé d’une personne et d’une population ? Comment sont prises en charge les problématiques de soins et de prévention en France et en Europe ? Définitions et éclairages.

La santé : « un état de complet bien-être physique, mental et social » 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Elle représente « l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soit sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale », un droit consacré dans le Préambule de la constitution de l’OMS (1946). La santé est un sujet à la fois individuel (état de santé d’un individu) et collectif (état de santé d’une population). 

Cette appréhension globale de la santé se développe depuis la seconde moitié du 19e siècle. Elle dépasse le modèle dit médical, qui se définit uniquement en opposition à la maladie, c’est-à-dire un problème organique, diagnostiqué et traité par des médecins. Selon la formule employée par le chirurgien René Leriche en 1936, la santé se comprenait alors uniquement comme « la vie dans le silence des organes ».

Désormais, une approche plus ouverte du concept permet d’intégrer les dimensions socio-économiques et environnementales dans la compréhension de l’état de santé d’un individu et d’une population. 

Qu’est ce qui détermine l’état de santé d’une population ?

En France, la question des déterminants de santé s’est longtemps concentrée sur les soins individuels. Elle reposait sur le postulat suivant : meilleur est l’accès aux traitements de pointe et à un niveau de soins élevé, meilleur est l’état de santé d’une population. Pourtant, celui-ci dépend d’interactions complexes entre différents facteurs individuels, socio-environnementaux et économiques : les soins, l’éducation, le logement, la consommation de tabac et d’alcool notamment. L’amélioration de la santé des individus tient donc à la mobilisation d’un grand nombre d’acteurs (professionnels de la santé, pouvoirs publics, associations) intervenant dans des domaines complémentaires (prévention, accès aux soins, lutte contre les inégalités sociales, etc.). 

En France, le Haut Conseil de la santé publique se base sur une catégorisation des déterminants de la santé en trois « familles » : 

  • Système de soins et de prévention médicalisée ;
  • Déterminants socio-économiques éducation, accès à l’emploi, conditions de travail, âge de la retraite, politique du logement, relations sociales, politiques redistributives à travers la fiscalité et les aides financières directes, etc. ;
  • Comportements de santé : consommation de tabac et d’alcool, nutrition, etc. 

À titre de comparaison, au Québec, le Ministère de la santé et des services sociaux défend une vision plus globale de la santé. Celui-ci considère ainsi de nombreux autres déterminants de l’état de santé d’une population dans le cadre de ses analyses et de ses politiques :

  • État de santé de la population ;
  • Caractéristiques individuelles ;
  • Milieux de vie ;
  • Systèmes ;
  • Contexte global.
Carte de la santé et de ses déterminants - Ministère du Quebec
« La santé et ses déterminants : Mieux comprendre pour mieux agir », avril 2012, Ministère de la santé et des services sociaux du Québec

La prise en charge collective des problématiques de santé 

À partir de la fin du 19e siècle, l’État français a investi de manière croissante les questions de santé, notamment les questions sanitaires : salubrité des villes et de l'habitat, alimentation en eau potable, surveillance des denrées alimentaires, hygiène industrielle, etc. Au fil des décennies, cette prise en charge collective s’est traduite par le développement d’une politique de santé publique, intégrant à la fois les soins (médecine curative) et la prévention (médecine préventive). 

En France, la politique de santé repose sur deux principes fondateurs, la protection de la santé et le droit aux soins. Assurée par la Sécurité sociale instaurée après la Seconde Guerre mondiale, l’assurance maladie, qui consiste en la prise en charge collective des frais de santé, a un caractère universel, obligatoire et solidaire.

Il est institué une organisation de la Sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent.
Art. 1 - Ordonnance du 4 octobre 1945, portant organisation de la Sécurité sociale
La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement (…). Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité les moyens convenables d’existence.
Préambule de la constitution du 27 octobre 1946
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.
Art. 22 - Déclaration universelle des droits de l’homme (1948)

À l’échelle internationale, le système de santé français, qualifié de meilleur système de santé au monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2000, est aujourd’hui plus sévèrement évalué par d’autres organisations. D’un pays à l’autre, le fonctionnement et la qualité des systèmes de santé diffèrent, dépendant de la qualité des moyens de connaissance et d’analyse existants (démographie, épidémiologie, psychologie, etc.), des acteurs impliqués, de leur logique et de leurs ressources.

D’après l’indice européen des consommateurs de soins et de santé, les Pays-Bas, la Suisse, la Norvège ou encore l’Islande bénéficient des meilleurs systèmes de santé en Europe. En 2018, la France était classée en onzième position avec un score de 796 points sur un total de 1 000 points. Certains pays, comme la Roumanie et l’Albanie dépassent à peine le cap des 500 points, dans ce classement réalisé à l’aide de 48 indicateurs, allant de l'information aux patients à l'accessibilité des soins.

Définitions

Santé publique

Prise en charge collective des problèmes de santé. Son objectif est de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé physique et mentale des individus. La santé publique inclut tous les systèmes de promotion de la santé, de prévention des maladies, de lutte contre la maladie (médecine et soins) et de réadaptation. 

Prévention santé

Actions visant à empêcher ou retarder l’apparition des problèmes de santé, augmenter le diagnostic et le dépistage précoce des maladies et à limiter l’impact des problèmes de santé sur la qualité de vie des personnes malades et de leur entourage. Les mesures préventives peuvent consister en une intervention médicale, un contrôle de l'environnement, des mesures législatives, financières ou comportementales.

Santé physique

La santé physique se définit comme l’état corporel d’un individu, prenant tout en considération, de l’absence de maladie jusqu’au niveau de condition physique (définition de l’OMS).

Santé mentale

La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté (définition de l’OMS).

Handicap

Un handicap se comprend comme « une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant » (extrait de la Loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, Légifrance).

Médecines traditionnelles ou complémentaires

La médecine traditionnelle est la somme totale des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé (définition de l’OMS). L’OMS comptabilise plus de quatre cents médecines « complémentaires », « alternatives » ou « traditionnelles ».