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Décryptage
Petites villes de demain

Réhabiliter des friches industrielles via une démarche d'innovation sociale

Sur de nombreuses communes rurales, des friches industrielles attendent d'être réhabilitées. Véritables patrimoines à valoriser, elles peuvent l'être en devenant le terreau fertile d'un projet d'innovation sociale construit avec les habitants et les structures de l'économie sociale et solidaire. La commune de Châteauvillain (Haute-Marne) et celle de Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône) en ont fait l'expérience : ces deux Petites villes de demain bénéficient aujourd'hui du dynamisme économique, social et culturel de ces tiers-lieux.

Les friches industrielles, des espaces vacants à valoriser

Ensembles de bâtiments ayant fonctionné comme sites industriels dans le passé, ce patrimoine aujourd'hui désaffecté revêt une forte dimension symbolique, notamment dans les territoires ruraux. Pour ces territoires, il s'agissait en effet la plupart du temps du principal pôle d'emploi. "Pour de nombreux habitants, ce site était très important à leurs yeux. Leurs familles, leurs amis y ont travaillé pendant des années. Cette usine était synonyme de vitalité économique et sociale et faisait entièrement partie du paysage", explique Marie-Claude Lavocat, Présidente de la communauté de communes des Trois Forêts et Maire de Châteauvillain, où se trouvait l’usine de fabrication des bottes Le Chameau qui a fermé ses portes en 2011. 

    Le lien émotionnel et mémoriel des habitants à certaines friches rend primordiale leur adhésion au projet de reconversion, il est donc important de les y associer pleinement. Par ailleurs, il s'agit d'une opportunité pour les communes rurales qui font face à des défis démographiques et économiques importants. Ce foncier de grande surface permet d'imaginer des projets d'envergure, impliquant une diversité de structures partenaires ainsi que le développement d'initiatives communes et de coopérations entre elles et avec elles

    Ce fut le parti pris de deux communes aujourd'hui bénéficiaires du programme Petites villes de demain : Châteauvillain et Saint-Loup-sur-Semouse. Ces communes ont travaillé avec des structures de l'économie sociale et solidaire (ESS) et des habitants pour transformer une friche industrielle en véritable projet participatif et coopératif répondant aux besoins locaux tout en créant de l'emploi. 

    De la friche au projet de réhabilitation : l'importance de la coopération territoriale

    L'exemple de la commune de Châteauvillain

    Après la fermeture du site de l'usine de fabrication Le Chameau, la communauté de communes des Trois Forêts est devenue propriétaire du lieu. Elle a alors créé une Z.A.E.A, zone d’activités économiques et artistiques, afin de favoriser l’installation d’artisans, d'artistes, d'entrepreneurs et d'entreprises au sein du bâti. "Spontanément, des artistes sont venus nous voir. On trouvait le projet intéressant vis-à-vis des problématiques rurales. Les élus ont voté quasiment à l’unanimité pour la rénovation des locaux en échange d’une garantie que les artistes allaient rester. L’objectif était de pouvoir y faire des activités de qualité et de rendre le lieu inclusif et accueillant. Petit à petit, le lieu a évolué en proposant des services aux habitants jusqu’à la labellisation en tiers-lieu", explique Marie-Claude Lavocat. 

    C'est dans ce contexte qu'a vu le jour le tiers-lieu culturel SIMONE. A la fois structure de production artistique et lieu d’expérimentation et de création pluridisciplinaire, l'association ambitionne de restaurer du lien social et de construire des ponts entre les publics au-delà des frontières socioculturelles et du clivage des générations. Une véritable opportunité pour cette Petite ville de demain qui, comme de nombreuses communes rurales, est confrontée à la rareté des lieux de rencontre.  

    Très vite, les habitants s'y sont impliqués, à travers la constitution d’une association d’habitants et de bénévoles, en appui à la compagnie initiatrice, pour porter la question de la convivialité et, dans un second temps, pour concevoir des services qui répondent aux besoins du territoire et des habitants.

    Le projet a permis à la commune de retrouver une attractivité culturelle et de rompre l’isolement de certains habitants, tout en créant une émulation qui a facilité la mise en œuvre d’autres projets ou de projets similaires sur d’autres territoires. Le projet a également permis de fédérer les habitants au-delà des actions artistiques et de créer deux postes à temps partiel en 2020. Il est devenu un point d’ancrage pour la médiation numérique et une plateforme essentielle pour les producteurs locaux

    >> Pour en savoir plus, consultez la fiche Retours d'expérience de SIMONE, réalisée par l'Avise en 2021

    L'exemple de la commune de Saint-Loup-sur-Semouse

    Reconnue capitale du siège et du meuble au XIXe siècle, la Petite ville Saint-Loup-sur-Semouse abritait les Usines réunies, fabrique de sièges pendant 150 ans avant leur fermeture définitive en 2012. La mairie a alors décidé d’acquérir une partie de l’ancien site industriel, à deux pas du centre-bourg. Au fil des années, cette friche industrielle a fait l’objet d’un grand projet de réhabilitation et s'est transformée.

    Dans ce lieu, diverses activités ont été créées, en faisant un véritable pôle social, culturel et économique  : le conservatoire de la Cité du meuble, l’association Les Allées du conservatoire de la Cité du meuble (l’ACCM), et la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) La Manufacture des usines réunies qui vise à développer une filière de construction en bois local tournée vers l’insertion. En 2020, l’inauguration d’habitats intergénérationnels (le Hameau durable), d’une épicerie solidaire (Epi'cerise) et d’une médiathèque à rayonnement intercommunal sont venues s’ajouter aux activités déjà présentes.

    Ces activités ont été portées par des habitants, élus, et entrepreneurs qui avaient envie de réfléchir et de s’investir dans un projet de territoire, avec pour objectif de :

    • croiser les intérêts de la commune ;
    • créer de l’emploi ;
    • maintenir une activité industrielle ;
    • et entretenir la mémoire du lieu.

    « Nous détenions un vrai savoir-faire à valoriser et nous pouvions faire de ce site (environ quatre hectares dont la moitié en bâtiments) un pôle d’activités culturelles, sociales et économiques. En tant qu’élu, nous avons le devoir de trouver des réponses pour le territoire. Ces projets sont des réponses possibles imaginées avec les habitants et les partenaires. La ressource locale doit nous permettre d’activer un développement économique local », témoigne Thierry Bordot, maire de la commune. 

    >> Pour en savoir plus, consultez la fiche Retours d'expérience d'Epi'Cerise, réalisée par l'Avise en 2021

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